Le danger caché des pâtes : le cadmium toxique dans votre assiette

Le cadmium est un métal lourd naturellement présent dans l’environnement. Nous sommes exposés à ce métal au quotidien, notamment par notre alimentation. Ce métal est considéré comme cancérogène et toxique pour la reproduction. Il pose surtout problème lorsqu’il s’accumule dans l’organisme sur le long terme. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), l’alimentation représente jusqu’à 98 % de l’exposition au cadmium chez les personnes qui ne fument pas.

Les pâtes, un aliment courant, ont récemment été au centre des préoccupations. Une étude menée par 60 Millions de consommateurs a analysé 36 références de spaghettis et de penne, dont des produits classiques, complets ou sans gluten. Les résultats montrent que 80 % des produits testés contiennent des traces de cadmium.

Les références les plus concernées par la présence de cadmium

Selon 60 Millions de consommateurs, l’étude publiée le 27 août 2026 a porté sur 36 références, réparties entre 18 spaghetti et 18 penne. Parmi elles, certaines présentent des teneurs en cadmium plus élevées que d’autres. Voici quelques exemples, classés de la plus faible à la plus forte teneur :

  • Penne Delverde : 0,009 mg/kg
  • Penne Barilla au blé complet : 0,066 mg/kg
  • Spaghetti Barilla au blé complet : 0,071 mg/kg
  • Penne Marque Repère (E.Leclerc) : cadmium non détectable
  • Penne U : cadmium non détectable

Il est important de noter qu’aucun des paquets analysés ne dépasse la limite réglementaire européenne fixée à 0,18 mg/kg. Cependant, le problème réside dans l’exposition répétée, qui peut entraîner une accumulation de cadmium dans l’organisme au fil du temps.

Pourquoi certaines pâtes contiennent plus de cadmium ?

La contamination par le cadmium provient principalement des sols, souvent pollués par certains engrais phosphatés. Lors de leur croissance, les plantes comme le blé ou le riz absorbent ce métal. Les pâtes complètes sont généralement plus concernées, car l’enveloppe du grain, qui est conservée dans ces produits, concentre davantage de contaminants issus du sol.

Les produits sans gluten ne sont pas forcément plus sûrs. L’enquête a montré que plusieurs références à base de riz ou de maïs contiennent aussi du cadmium, ainsi que de l’arsenic. Les groupes les plus à risque sont les enfants, dont les reins sont encore immatures, les fumeurs (le tabac étant une source majeure de cadmium) et les personnes vivant sur des sols industriels ou miniers pollués. Bien que les pâtes seules ne provoquent pas d’intoxication, elles s’ajoutent aux autres sources alimentaires de ce métal.

Comment limiter l’exposition au cadmium dans l’alimentation ?

Les résultats de l’étude ne recommandent pas de supprimer complètement les pâtes, mais plutôt de varier les types de féculents. L’Assurance Maladie conseille de diversifier les sources de glucides : légumineuses, pommes de terre, quinoa, et d’alterner pâtes blanches et complètes. Il est aussi conseillé de ne pas faire de ces produits la base de tous les repas, afin de limiter leur consommation répétée.

Pour réduire l’exposition, il peut être utile de privilégier les références contenant les plus faibles teneurs en cadmium. Arrêter de fumer est également une étape importante, puisque le tabac est une source majeure de ce métal.

Depuis le 16 juin 2026, il est possible de se faire dépister pour le cadmium en laboratoire de ville. Le test repose d’abord sur une mesure urinaire appelée cadmiurie. Si nécessaire, un dosage sanguin, ou cadmiémie, peut compléter l’analyse. Le coût du test est de 27,50 €, avec un remboursement à 60 % par l’Assurance Maladie. La majorité des coûts restants peut être prise en charge par la complémentaire, hors une participation forfaitaire de 2 €.

Ce dépistage s’adresse principalement aux personnes vivant sur des sols pollués ou exposées à une contamination chronique.

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