Ces fromages au lait cru pourraient rallonger votre vie
Une étude suggère que certains fromages au lait cru pourraient favoriser la longévité
Selon une recherche menée par le professeur Laurent Rio, de VetAgro Sup et de l’Université Clermont Auvergne, certains fromages au lait cru pourraient avoir des effets bénéfiques sur la durée de vie. Publiés dans la revue scientifique Nutrients, les résultats montrent que des extraits de huit fromages AOP (Appellation d’Origine Protégée) au lait cru ont permis d’augmenter la longévité d’un ver de laboratoire.
Les chercheurs ont utilisé le nématode Caenorhabditis elegans, un organisme modèle dont certains mécanismes cellulaires ressemblent à ceux de l’humain. Des tests réalisés sur ces vers, ainsi que sur des leucocytes humains, ont révélé que l’exposition à des extraits de saint-nectaire ou de fromages de chèvre pouvait prolonger leur vie jusqu’à 77 %. La survie sous stress oxydant était également jusqu’à cinq fois meilleure dans ces groupes. Bien que ces résultats soient prometteurs, ils ne prouvent pas encore d’effet direct chez l’humain.
Quels fromages ont été étudiés et quels sont leurs effets ?
Les huit fromages testés sont : le chèvre, le saint-nectaire, le cantal, le bleu d’Auvergne, le roquefort, le comté, le brie de Meaux et l’époisses. Pendant la fermentation du lait, des protéines comme la caséine ou le lactosérum libèrent des peptides bioactifs. Ces peptides possèdent des propriétés antioxydantes, antimicrobiennes, et peuvent même aider à réguler la pression artérielle.
Le professeur Laurent Rio précise : « Nous avons démontré que toutes les fractions de fromage, quels que soient leur type ou leur origine, amélioraient significativement la survie de Caenorhabditis elegans soumis à des conditions oxydantes, avec une augmentation jusqu’à cinq fois supérieure par rapport à un groupe témoin. »
Réduction du stress oxydatif et impact sur la santé cellulaire
Dans notre corps, les radicaux libres ou espèces réactives de l’oxygène (ERO) peuvent endommager les cellules. Ce phénomène, appelé stress oxydatif, est lié au vieillissement et à plusieurs maladies. Les extraits de fromages au lait cru ont montré qu’ils pouvaient réduire l’accumulation d’ERO chez le ver jusqu’à 80 %. Chez les leucocytes humains, cette réduction est d’environ 50 %, ce qui améliore la mobilité des vers plus âgés.
Les chercheurs ont aussi observé une augmentation de l’expression de gènes de défense, tels que daf-16, skn-1, ctl-2 et sod-3, ce qui confirme les effets bénéfiques de ces aliments fermentés, selon une revue de 2026 par Current Research in Food Science.
Précautions et recommandations pour consommer ces fromages
En France, la production annuelle de fromages au lait cru s’élève à environ 225 000 tonnes, soit entre 10 et 15 % de la production totale de fromages affinés, indique l’Observatoire des aliments. Pour un adulte en bonne santé, consommer un morceau de 30 à 40 g deux fois par jour peut s’intégrer dans une alimentation équilibrée, en restant vigilant sur la teneur en sel et en graisses saturées.
Il est également important de rappeler que ces fromages contiennent une flore vivante pouvant contribuer au microbiote intestinal. Cependant, certains groupes comme les femmes enceintes, les jeunes enfants ou les personnes immunodéprimées doivent éviter le lait cru ou privilégier des alternatives plus sûres, telles que les fromages pasteurisés ou certains fromages à pâte pressée cuite comme le comté ou l’Emmental, conformément aux recommandations officielles.



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