Fromage et santé intestinale : une révélation qui va vous surprendre
Le fromage et la santé de l’intestin : une nouvelle étude
Longtemps, le fromage a été considéré comme peu favorable à la digestion. Cependant, une étude publiée en décembre 2023 dans la revue scientifique mSystems apporte un nouveau regard. Elle montre que certains fromages pourraient en réalité bénéficier à notre microbiote intestinal.
Les chercheurs ont découvert que des levures présentes dans des fromages comme le brie, le munster ou le pecorino semblent protéger l’intestin, au moins chez la souris. Ces micro-organismes auraient un effet anti-inflammatoire, ce qui pourrait favoriser la santé intestinale.
Ces travaux, menés par l’INRAE, l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris et la société américaine IFF, ont mis en évidence que des levures alimentaires isolées pouvaient réduire l’inflammation. Toutefois, ces résultats ont été obtenus sur des souris souffrant d’une colite artificielle, et il reste à confirmer leur impact chez l’humain.
Les fromages qui intéressent le microbiote
Dans l’étude, cinq espèces de levures issues de l’alimentation ont été testées sur des souris. Ces animaux souffraient d’une inflammation intestinale induite par un produit chimique couramment utilisé pour simuler une colite. Les chercheurs ont mesuré plusieurs indicateurs d’inflammation et analysé la composition du microbiote après administration des levures.
Selon un communiqué de l’INRAE, deux levures en particulier, présentes dans le brie, le munster et certains pecorinos, ont montré des effets bénéfiques. La tendance est confirmée par un article du site culinaire Marmiton, qui indique que consommer ces fromages de façon raisonnable peut contribuer à la santé intestinale.
Deux levures aux effets prometteurs
Parmi les levures étudiées, Cyberlindnera jadinii et Kluyveromyces lactis se sont distinguées. Les souris qui en ont reçu présentaient une moindre sensibilité à l’inflammation et une réduction des marqueurs inflammatoires. Ces levures survivent dans le tube digestif mais ne persistent que 24 à 48 heures, suggérant un effet transitoire sur le microbiote.
Il est important de noter que ces expérimentations ont été réalisées avec des levures purifiées, et non avec du fromage entier. Le microbiote intestinal est composé de milliards de bactéries, levures et virus non pathogènes. Un changement chez la souris ne garantit pas encore un bénéfice chez l’humain, mais ces résultats ouvrent une piste intéressante pour le développement de probiotiques alimentaires.
Comment intégrer ces fromages à une alimentation équilibrée
Une spécialiste, Céline Cossa, rappelle qu’il ne faut pas en faire un régime exclusif. Elle conseille d’intégrer ces fromages dans une alimentation variée, riche en fibres provenant de légumes, fruits ou légumineuses, qui alimentent aussi le microbiote.
Les recommandations nutritionnelles suggèrent généralement de limiter la consommation à 30 à 40 grammes de fromage par jour pour un adulte. Il faut également faire attention à la teneur en sel et en graisses.
Pour un plateau de fromages bénéfique pour le microbiote, voici quelques conseils simples :
- Privilégier un petit morceau de brie, munster ou pecorino plutôt qu’un gros assortiment.
- Garder la croûte uniquement si le fromage est bien affiné et supporté par votre digestion.
- Éviter les fromages au lait cru en cas de grossesse, d’immunodépression ou de maladies chroniques de l’intestin.



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