Une découverte choc pour lutter contre Alzheimer via le métabolisme du sucre
Une nouvelle piste dans la prévention de la maladie d’Alzheimer
Des chercheurs du Buck Institute for Research on Aging, en Californie, ont découvert un mécanisme lié au métabolisme du sucre qui pourrait jouer un rôle clé dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer. Leur étude, publiée en 2025 dans la revue Nature Metabolism, met en avant l’importance du glycogène, une forme de stockage du glucose, dans le fonctionnement des neurones.
Selon leurs travaux relayés par le quotidien allemand Berliner Morgenpost, la façon dont le cerveau utilise ses réserves de sucre pourrait ouvrir une voie nouvelle pour la prévention de cette maladie neurodégénérative.
Le rôle du glycogène dans les neurones
Dans leurs modèles de tauopathies, dont la maladie d’Alzheimer, les chercheurs ont observé une accumulation anormale de glycogène dans les neurones. La protéine tau, qui forme des fibrilles toxiques dans le cerveau, semble se lier à ce sucre stocké et empêcher sa dégradation. Ce phénomène priverait les cellules d’un outil essentiel pour lutter contre le stress oxydatif, ces radicaux libres qui endommagent l’ADN et les membranes cellulaires.
Le stockage du glycogène et ses implications
Le glycogène est principalement stocké dans le foie et les muscles, mais de petites quantités existent aussi dans le cerveau. Leur rôle reste encore peu compris. L’étude montre que, normalement, les neurones dégradent ce glycogène grâce à l’enzyme glycogène phosphorylase (GlyP). Ce processus alimente la voie des pentoses phosphates, qui produit du NADPH, une molécule indispensable pour régénérer le glutathion, un puissant antioxydant. Lorsque la protéine tau piège le glycogène, ce circuit est perturbé et le stress oxydatif augmente, endommageant davantage les neurones.
Une enzyme pour limiter les dégâts
Pour vérifier si la stimulation de cette voie pourrait protéger les neurones, les chercheurs ont activé GlyP dans plusieurs modèles. Chez la mouche Drosophila melanogaster portant du tau humain, cette activation a permis de réduire les lésions cérébrales et d’augmenter leur durée de vie. Selon Sudipta Bar, doctorant à l’institut californien, augmenter l’activité de GlyP pourrait aider le cerveau à mieux éliminer les espèces réactives de l’oxygène, responsables de nombreux dégâts.
Des résultats similaires ont été observés dans des neurones humains dérivés de cellules souches de patients atteints de troubles tau. De plus, une restriction calorique, qui augmente naturellement l’activité de GlyP chez la mouche, a montré une amélioration des marqueurs de la tauopathie. Un composé de laboratoire, le 8-Br-cAMP, reproduit cet effet.
Perspectives pour la prévention
Bien que ces travaux restent pour l’instant en phase préclinique, ils soulignent l’intérêt potentiel des agonistes du GLP-1, déjà utilisés contre le diabète de type 2 et l’obésité. Ces molécules pourraient devenir des candidats pour prévenir ou ralentir l’apparition de la maladie d’Alzheimer.
Ce que signifie cette piste pour le grand public
Il est important de préciser que l’étude ne concerne pas l’alimentation quotidienne, mais la gestion interne des réserves de sucres dans le cerveau. Les recherches du Buck Institute, publiées fin juin 2025, ont été réalisées sur des modèles animaux et des neurones en culture. Aucune étude n’a encore prouvé qu’activer GlyP puisse prévenir la maladie chez l’humain.
Par ailleurs, une étude de l’université Stanford, publiée en février 2025, a montré que des modifications de la couche de sucres qui recouvre la barrière entre le cerveau et la moelle épinière peuvent être liées à l’inflammation et aux troubles de mémoire chez la souris. Ces troubles étaient corrigés en restaurant certains sucres, soulignant l’importance de la chimie des sucres pour la santé cérébrale.
En résumé, cette nouvelle recherche met en lumière le rôle crucial de la gestion du sucre dans le cerveau. Toutefois, la prévention effective de la maladie d’Alzheimer repose encore principalement sur la maîtrise des facteurs cardio-métaboliques, l’activité physique et un bon sommeil.



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