Biscuits au soja : un faux ami pour votre santé à l’apéro
Les biscuits apéritifs à base de soja sont souvent présents sur la table lors des apéritifs, aux côtés des crudités. Vendus comme riches en protéines végétales, parfois sans gluten et estampillés vegan, ils ont une image de produits « sains », loin des chips grasses et salées.
Cependant, depuis le 24 mars, l’Anses alerte sur ces produits. L’agence recommande de ne pas servir d’aliments à base de soja en restauration collective, pour toutes les tranches d’âge. Cette mise en garde concerne un ingrédient discret mais potentiellement dangereux pour la santé hormonale.
Pourquoi ces biscuits paraissent-ils si “sains” ?
Riches en protéines et souvent cuits au four, ces biscuits correspondent à l’image du snack moderne. Pourtant, ils contiennent des isoflavones présentes dans le soja. Selon Joséphine Revol, ingénieure en agroalimentaire, ces substances sont des « phytoœstrogènes », c’est-à-dire des composés végétaux ayant des activités hormonales œstrogéniques.
Les quantités d’isoflavones varient beaucoup selon les produits. La concentration peut différer d’une marque à l’autre, en fonction de la variété de soja, des conditions de culture, de la maturité de la plante ou des procédés de fabrication. Les biscuits apéritifs à base de soja se situent parmi ceux qui en contiennent le plus.
Les risques liés aux isoflavones
Les isoflavones imitent partiellement les œstrogènes dans le corps. L’Anses met en garde contre leurs effets potentiellement nuisibles sur le système reproducteur. Ces risques concernent notamment les femmes enceintes, les femmes en âge de procréer et les enfants avant la puberté. Pour ces populations sensibles, l’agence fixe une valeur limite de 0,01 mg d’isoflavones par kilo de poids corporel et par jour.
Pour les autres, la limite est de 0,02 mg/kg/jour. Or, des études montrent que ces limites sont souvent dépassées chez les enfants et adolescents qui consomment régulièrement des produits au soja. Ajouter à cela un bol de biscuits apéritifs à base de soja, et la marge de sécurité se réduit rapidement.
Comment limiter la consommation de ces biscuits et quelles alternatives privilégier ?
L’Anses indique que ces biscuits contiennent en moyenne « 100 fois plus d’isoflavones » qu’une sauce soja classique. Ils sont généralement fabriqués à partir de graines de soja toastées très concentrées en ces composés. Il est donc conseillé de réserver leur consommation à des occasions exceptionnelles, surtout pour les enfants et les femmes qui consomment déjà des aliments au soja, comme le tofu ou les desserts végétaux.
Pour l’apéritif quotidien, il est préférable de lire attentivement les étiquettes et d’éviter les mentions « farine de soja », « protéines de soja » ou « protéines végétales texturées » à base de soja. À la place, on peut opter pour des crackers aux graines, des biscuits aux pois chiches ou aux lentilles, des galettes de maïs ou de riz, ou encore des légumes croquants avec du houmous ou du guacamole. Ces alternatives permettent de partager un moment convivial tout en protégeant ses hormones.



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