Fromage contre démence : la clé inattendue pour protéger votre cerveau

Une étude japonaise suggère un lien entre consommation de fromage et réduction du risque de démence

Face au vieillissement de la population mondiale, la démence devient une problématique majeure, tout comme le cancer. Actuellement, plus de 50 millions de personnes sont touchées. Selon l’Organisation mondiale de la santé, ce nombre pourrait tripler d’ici 2050. Le Japon, où 12,3 % des personnes de plus de 65 ans vivent avec un trouble cognitif, sert de terrain d’étude. Les chercheurs y examinent notamment l’impact de l’alimentation sur la santé cérébrale.

Les résultats d’une étude sur le fromage

Une étude menée dans le cadre du Japan Gerontological Evaluation Study, publiée en 2025 dans la revue Nutrients, s’est intéressée au rôle du fromage. Elle a suivi 7 914 Japonais âgés de 65 ans et plus sur une période de trois ans. Les résultats montrent que ceux qui consommaient du fromage au moins une fois par semaine avaient moins de risques de développer une démence que ceux qui n’en mangeaient jamais. Ce lien, bien que discret, intrigue les spécialistes.

Une différence modérée mais significative

Les chercheurs ont comparé les habitudes alimentaires des participants, en ajustant des variables comme l’âge, le sexe, le revenu ou l’état de santé. Après trois ans, 3,4 % des personnes mangeant du fromage régulièrement avaient développé une démence, contre 4,5 % chez les non-consommateurs. Cela représente environ un cas évité sur 100 personnes. Statistiquement, cela correspond à une réduction du risque relatif de 24 %, qui tombe à 21 % après prise en compte d’autres aspects de l’alimentation.

Les amateurs de fromage avaient aussi tendance à consommer davantage de fruits, légumes, viande ou poisson, et à mieux gérer les tâches du quotidien. Toutefois, ces résultats ne prouvent pas que le fromage seul protège le cerveau. Il s’agit plutôt d’une corrélation à approfondir.

Les hypothèses sur les bienfaits du fromage

Les chercheurs évoquent plusieurs mécanismes possibles liés à la composition du fromage. Bien que leur étude ne mesure pas directement ces effets, ils s’appuient sur ce que l’on sait de certains nutriments présents dans le fromage :

  • La vitamine K2, bénéfique pour la santé des vaisseaux sanguins ;
  • Les protéines et peptides aux propriétés anti-inflammatoires ;
  • Les bactéries présentes dans les fromages fermentés, qui pourraient influencer le microbiote intestinal.

Une autre piste concerne l’axe intestin-cerveau. Certains fromages comme le camembert ou le brie contiennent des micro-organismes vivants susceptibles de modifier le microbiote, ce qui pourrait avoir un impact sur le fonctionnement cérébral. Dans l’étude japonaise, la majorité des participants consommaient principalement du fromage transformé, tandis que moins de 8 % préféraient les fromages à moisissures blanches. Cela suggère que d’autres composants encore peu connus pourraient également jouer un rôle.

Que retenir de ces résultats ?

Il convient de souligner que cette étude est observationnelle. La consommation de fromage a été mesurée une seule fois, sans précision sur la quantité, et la détection de la démence s’est faite à partir de fichiers administratifs, sans examen clinique approfondi. De plus, aucune donnée génétique, comme la présence du gène APOE ε4, n’a été prise en compte. Dans un pays où la consommation moyenne de fromage est de 2,7 kg par an, ces résultats offrent une piste alimentaire à explorer, notamment dans d’autres populations comme la France.

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