Café et cholestérol : ce que dit la science norvégienne

Le café et le cholestérol : ce que révèle l’étude norvégienne

Le lien entre café et cholestérol suscite beaucoup d’intérêt chez les consommateurs. Faut-il s’inquiéter à chaque tasse ou tout dépend-il de la méthode de préparation ? Des recherches menées en Norvège apportent des réponses. Selon ces travaux, le risque ne viendrait pas tant de la quantité de café consommée, mais du type de café utilisé et de son mode d’extraction.

Les chercheurs se concentrent principalement sur le café non filtré, comme celui préparé à la piston ou bouilli. À l’inverse, le café filtré sur papier semble avoir un impact moindre sur le cholestérol. L’étude note toutefois qu’une augmentation du cholestérol total a été observée chez certains gros consommateurs, sans pouvoir établir que le café seul en était la cause. La différence de résultats selon les sexes invite à une observation plus approfondie des composants présents dans chaque tasse.

Les résultats de l’étude norvégienne

La Tromsø Study, une large étude de santé publique menée en Norvège, a suivi 21 083 adultes de plus de 40 ans entre 2015 et 2016. Les participants ont indiqué leur type de café habituel (espresso, café filtré, à piston, bouilli ou instantané) ainsi que le nombre de tasses consommées chaque jour. Une prise de sang a permis de mesurer leur taux de cholestérol total, ou S‑TC. Les résultats ont été comparés à la consommation de café ou à l’absence de café.

Selon cette étude, boire entre 3 et 5 expressos par jour a été associé à une augmentation moyenne de 0,16 mmol/L de cholestérol total chez les hommes, et de 0,09 mmol/L chez les femmes, par rapport aux non-buveurs. Avec au moins six tasses de café bouilli ou à piston, l’augmentation était plus marquée : 0,23 mmol/L chez les hommes et 0,30 mmol/L chez les femmes, soit environ 0,12 g/L. Le café filtré sur papier n’a entraîné qu’une petite hausse, de 0,11 mmol/L, principalement chez les femmes très consommatrices. Les chercheurs soulignent toutefois plusieurs limites à l’étude : taille des tasses non standardisée, étude observationnelle et influence possible d’autres habitudes de vie.

Pourquoi le filtre papier change la donne

La différence d’impact selon la méthode de préparation s’explique par la présence de diterpènes dans le café, en particulier le cafestol et le kahweol. Ces molécules grasses, présentes dans la fraction lipidique du café, ont tendance à augmenter le mauvais cholestérol (LDL) et le cholestérol total lorsqu’elles sont consommées en grande quantité. Leur effet se manifeste principalement au niveau du foie, où elles modifient la façon dont le corps recycle et élimine le cholestérol.

Le rôle du filtre en papier est crucial. Il retient une grande partie de ces diterpènes, ce qui explique pourquoi le café filtré est généralement considéré comme moins risqué pour le cholestérol. En revanche, le café préparé à la piston, bouilli, turc ou en espresso laisse passer davantage de ces huiles, car le contact entre l’eau chaude et le marc est plus intense, sans véritable filtration. Quant au café instantané, déjà extrait et séché, il contient en général moins de cafestol, ce qui explique le profil lipidique plus modéré observé dans l’étude.

Quel type de café privilégier si l’on surveille son cholestérol ?

Pour ceux qui ont un cholestérol LDL ou un taux total élevé, il n’est pas forcément nécessaire d’arrêter de boire du café. Cependant, il est conseillé de choisir des modes de préparation moins riches en diterpènes. Voici un classement pratique :

  • Les plus risqués : café bouilli et à piston ;
  • Niveau intermédiaire : espresso et machines à capsules, selon le système de filtration ;
  • Profil moins impactant : café instantané ;
  • Le plus favorable : café filtré à l’aide d’un filtre en papier.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) indique qu’une consommation jusqu’à 400 mg de caféine par jour, soit environ quatre expressos ou quatre grandes tasses de café filtré, ne présente pas de risque pour la majorité des adultes. Pour limiter l’impact sur le cholestérol, il est donc conseillé de privilégier la filtration papier au quotidien, tout en étant attentif à la quantité de crème, de lait entier ou de sucre ajoutés, qui peuvent également augmenter la charge lipidique de chaque tasse, qu’elle soit décaféinée ou non.

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