Alimentation anti-inflammatoire : la clé pour prévenir la démence même avec un Alzheimer naissant

Une alimentation anti-inflammatoire peut réduire le risque de démence même en présence de signes précoces d’Alzheimer

Une nouvelle étude montre qu’il est possible de limiter le risque de développer une démence, même lorsque les premiers signes biologiques de la maladie d’Alzheimer sont détectés. Selon cette recherche, une alimentation anti-inflammatoire de qualité pourrait jouer un rôle protecteur.

Menée par des chercheurs du Karolinska Institutet en Suède et de l’Université de Ljubljana en Slovénie, cette étude a porté sur 1 865 adultes de 60 ans et plus, au départ indemnes de démence. Les participants ont été suivis en moyenne pendant 8,4 ans, certains jusqu’à 15 ans. Au cours de cette période, 240 d’entre eux ont développé une démence.

Après avoir pris en compte plusieurs facteurs comme l’âge, le sexe, le niveau d’études, le tabagisme, l’activité physique ou encore les maladies préexistantes, les chercheurs ont constaté une tendance claire : plus la qualité de l’alimentation était élevée, plus le risque de démence diminuait.

Pourquoi l’inflammation est-elle au centre des préoccupations ?

L’inflammation est un mécanisme naturel de défense du corps contre une infection ou une blessure. Cependant, lorsqu’elle devient chronique, elle peut favoriser divers problèmes de santé, notamment les maladies neurodégénératives. Les scientifiques pensent qu’une inflammation persistante, souvent liée à une alimentation déséquilibrée, à l’obésité ou à certaines maladies chroniques, peut endommager progressivement les cellules du cerveau. Cela pourrait accélérer l’accumulation de protéines impliquées dans la développement d’Alzheimer.

Les résultats les plus marquants concernent le régime ayant le plus faible potentiel inflammatoire. Chez les personnes présentant déjà des biomarqueurs sanguins élevés liés à Alzheimer ou à des lésions cérébrales, ce type d’alimentation a permis de réduire le risque de démence d’environ 30 %.

Une piste prometteuse pour la prévention

Pour Anja Mrhar, première auteure de l’étude, ces résultats sont encourageants : « Ils suggèrent que la qualité de l’alimentation, notamment un régime anti-inflammatoire, pourrait contribuer à prévenir la démence chez les personnes présentant déjà des signes biologiques d’un risque accru ».

Cette recherche rapproche deux axes de progrès : l’identification précoce des personnes à risque grâce aux biomarqueurs sanguins, et la prévention par des habitudes de vie. Les auteurs estiment que ces résultats pourraient mener à des recommandations alimentaires plus personnalisées, adaptées au profil biologique de chacun. Selon le chercheur Adrián Carballo-Casla, « cela nous rapproche d’une nutrition de précision, où différents modèles alimentaires seraient recommandés selon les groupes d’âge ou le profil individuel ».

Les chercheurs précisent toutefois qu’il s’agit d’une étude observationnelle. Elle montre une association entre alimentation et risque de démence, mais ne prouve pas que certains régimes empêchent directement la maladie.

Source : Diet Quality and Dementia Risk in Older Adults With Alzheimer Pathology, Jama Network Open, juin 2026

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