Manger moins de viande : un bon ou un mauvais choix pour votre cœur?
Pourquoi manger moins de viande n’est pas toujours bon pour le cœur
Il est souvent conseillé de réduire sa consommation de viande pour préserver la santé du cœur. Cependant, une étude française récente montre que tout dépend de ce qui remplace la viande dans l’alimentation. Une équipe de chercheurs en épidémiologie nutritionnelle a suivi plus de 63 800 participants dans la cohorte NutriNet-Santé pendant près de neuf ans.
Les résultats, publiés dans la revue The Lancet Regional Health – Europe, indiquent qu’une alimentation à base de végétaux ne protège réellement le cœur que si elle repose principalement sur des aliments peu ou pas transformés. En revanche, si la viande est remplacée par des produits végétaux ultra-transformés, les bénéfices pour la santé cardiovasculaire disparaissent, voire se inversent.
Ce que révèle l’étude NutriNet-Santé sur le régime végétal et le cœur
Les chercheurs ont recensé 1 397 événements cardio-vasculaires, dont 1 051 maladies coronariennes et 346 accidents vasculaires cérébraux, chez des adultes de plus de 35 ans. Ces participants ont été suivis en moyenne pendant neuf ans.
Ils ont utilisé deux indicateurs, le hPDI (Healthy Plant-based Diet Index) et le uPDI (Unhealthy Plant-based Diet Index), pour évaluer la qualité des régimes végétaux. Ils ont aussi considéré le degré de transformation des aliments, selon la classification NOVA, distinguant les aliments peu ou pas transformés (UnPF) des aliments ultra-transformés (UPF).
Les résultats montrent que suivre un régime végétal sain et peu transformé réduit le risque de maladie coronarienne de 44 % et le risque global de maladies cardio-vasculaires de 32 %. À l’inverse, un régime végétal sain mais composé principalement d’aliments ultra-transformés n’offre pas de protection claire. Pire, une alimentation riche en végétaux ultra-transformés augmente le risque de coronaropathie de 46 % et celui de maladies cardio-vasculaires de 38 %.
Les aliments ultra-transformés, un danger pour le cœur
Les aliments ultra-transformés, selon la classification NOVA, sont fabriqués à partir d’ingrédients industriels comme l’amidon modifié, les isolats de protéines, ou encore les arômes et émulsifiants. Beaucoup de ces produits sont d’origine végétale, tels que les céréales sucrées, les boissons sucrées, les desserts au soja, ou encore les snacks « healthy ».
- Pains industriels enrichis d’additifs,
- Soupes en brique ou plats prêts à réchauffer,
- Céréales du petit-déjeuner sucrées, même riches en fibres,
- Chips et biscuits salés aux légumes,
- Nuggets ou steaks végétaux très reconstitués.
Ces produits, riches en sucres, sel, graisses de mauvaise qualité et additifs, sont pauvres en fibres et micronutriments. L’étude montre que leur consommation, surtout lorsqu’elle remplace la viande, est associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires.
En revanche, augmenter de 10 % la part d’aliments végétaux non ultra-transformés dans l’alimentation quotidienne est associé à une réduction d’environ 10 % du risque cardio-vasculaire. À l’inverse, 10 % d’énergie provenant d’aliments ultra-transformés d’origine animale augmente ce risque d’environ 24 %.
Comment réduire la viande tout en évitant les aliments ultra-transformés
Pour préserver la santé du cœur, il est conseillé de privilégier des aliments végétaux encore proches de leur état naturel. Les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs), les céréales complètes peu traitées, les fruits, légumes frais ou surgelés, ainsi que les fruits à coque non salés, sont de bonnes options.
Ces choix permettent de réduire la consommation de viande rouge et de charcuterie tout en augmentant l’apport en fibres, potassium, antioxydants et bonnes graisses. Ces éléments sont liés aux profils protecteurs observés dans certains régimes, comme le hPDI-UnPF.
Les substituts de viande très transformés ou certains produits végétaux industriels peuvent avoir une place occasionnelle, mais ils ne devraient pas constituer la base de l’alimentation quotidienne. L’étude étant observationnelle, elle montre des associations solides mais ne prouve pas de lien direct de cause à effet.
Pour les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires ou présentant plusieurs facteurs de risque, il est recommandé de consulter un médecin ou un diététicien pour ajuster leur consommation de viande et d’alternatives végétales de façon personnalisée.



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