Thon en conserve : un danger invisible de mercure découvert
Une enquête révèle la présence de mercure dans le thon en conserve
Le thon en conserve est un aliment très populaire en France. Cependant, une étude menée par l’ONG Bloom, publiée en 2024 et relayée par 60 Millions de consommateurs, soulève des inquiétudes concernant la contamination par le mercure de ces produits.
Pour cette enquête, 148 boîtes de thon ont été analysées. Elles ont été achetées dans plusieurs pays européens. Tous les échantillons contenaient du méthylmercure, un métal lourd toxique pour le système nerveux. Selon Bloom, plus de la moitié des boîtes testées (57 %) dépassaient la limite maximale autorisée en mercure pour les poissons, fixée à 0,3 mg/kg.
Une seule marque conforme aux normes
Parmi les 30 conserves analysées en France, seules celles de la marque Lidl se situaient en dessous du seuil réglementaire. Deux références achetées dans des magasins lyonnais affichent des teneurs en mercure de 0,16 mg/kg et 0,21 mg/kg, ce qui reste inférieur à la limite de 0,3 mg/kg.
En revanche, plusieurs produits dépassent cette norme. La concentration la plus élevée a été relevée dans une boîte de thon Petit Navire achetée dans un magasin Carrefour City à Paris, avec 3,9 mg/kg. D’autres conserves en France dépassent également la limite fixée spécifiquement pour le thon, qui est de 1 mg/kg.
Les facteurs influençant le taux de mercure
Selon Xavier Lefebvre, ingénieur agroalimentaire à l’Institut national de la consommation (INC), plusieurs éléments jouent sur la contamination par le mercure. Il explique que cela dépend notamment de la zone de pêche, de l’espèce de poisson (germon, albacore, etc.) et de l’âge du poisson. Plus un poisson est âgé, plus il a le temps d’accumuler du mercure dans son organisme.
Le thon, étant un prédateur en haut de la chaîne alimentaire, concentre davantage de métaux lourds que des espèces plus petites comme les sardines ou les anchois.
Un débat sur les normes de sécurité
Bloom considère que le seuil réglementaire de 1 mg/kg pour le thon est trop élevé. L’ONG propose de l’aligner sur la limite plus stricte de 0,3 mg/kg appliquée à d’autres poissons. Elle dénonce également le faible nombre de contrôles effectués sur les conserves de thon.
De leur côté, les industriels assurent réaliser régulièrement des analyses par des laboratoires indépendants. La marque Petit Navire, par exemple, affirme que ses contrôles ont montré des taux de mercure « en moyenne compris entre 0,2 et 0,3 mg/kg », soit 70 à 80 % en dessous de la limite autorisée.



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