Fibres et cancer du côlon : le secret pour réduire vos risques
Le lien entre fibres et prévention du cancer du côlon
Chaque année, le mois de mars est dédié à la sensibilisation au cancer colorectal, notamment à travers l’initiative Mars Bleu. Ce cancer touche plus de 47 000 personnes en France chaque année, ce qui en fait le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes et le troisième chez les hommes. Malgré sa prévalence, il est souvent dépisté tardivement, car ses premiers symptômes sont parfois confondus avec des affections bénignes, comme les hémorroïdes ou la constipation.
Le Dr Marylise Boutros, chirurgienne colorectale à la Cleveland Clinic Florida, souligne que chez les jeunes patients, ces signes sont souvent sous-estimés, ce qui peut retarder le diagnostic.
Facteurs alimentaires et risque de cancer colorectal
Le cancer du côlon est lié à plusieurs facteurs, notamment génétiques mais aussi à la qualité de l’alimentation. De nombreuses études internationales montrent que ce que nous mangeons joue un rôle crucial dans la prévention. En particulier, la consommation de fibres semble avoir un effet protecteur important.
Les recommandations des experts indiquent qu’un apport quotidien de fibres peut réduire le risque de développer ce cancer. La majorité des adultes consomme en moyenne seulement 15 à 20 grammes de fibres par jour, alors que l’idéal serait de viser entre 25 et 30 grammes. Les fibres facilitent le transit intestinal et limitent le contact entre la muqueuse du côlon et des substances potentiellement cancérigènes.
Selon la cohorte E3N Générations, les personnes qui consomment le plus de fibres ont jusqu’à 25 % de risque en moins de développer un cancer colorectal par rapport à celles qui en mangent le moins. La diététicienne Karen Collins confirme que les régimes riches en fibres réduisent solidement ce risque.
Quelle quantité de fibres pour se protéger ?
Les autorités nutritionnelles recommandent un minimum de 25 grammes de fibres par jour, avec un objectif idéal proche de 30 grammes. Cependant, beaucoup de Français restent en dessous, autour de 15 à 20 grammes. La quantité, le type et la formulation des fibres qui offrent le plus de bénéfices restent encore à l’étude, précise la médecin nutritionniste Carolyn Newberry.
Pour augmenter son apport en fibres, il est conseillé d’adopter une alimentation riche en fruits et légumes, en légumineuses comme les lentilles ou pois chiches, ainsi qu’en céréales complètes plutôt que raffinées. Un exemple de journée type pourrait être un bol de flocons d’avoine au petit-déjeuner, un plat de légumineuses à midi, et du pain ou du riz complet avec des fruits à consommer en-cas.
Les autres facteurs alimentaires à surveiller
Les fibres ne constituent qu’un aspect de la prévention. La consommation de viande transformée, par exemple, est également impliquée. Selon une étude rapportée par Savoir Laitier, chaque portion quotidienne supplémentaire de 30 grammes de viande transformée augmente d’environ 8 % le risque de cancer colorectal. Ces produits, riches en sel et en graisses saturées, peuvent perturber la flore intestinale et favoriser des mécanismes inflammatoires susceptibles de conduire au cancer.
Des recherches évoquent aussi le rôle de certaines bactéries intestinales, productrices de colibactine, une toxine impliquée dans la formation de lésions précancéreuses. Une analyse récente indique que ces mutations liées à la toxine sont jusqu’à 3,3 fois plus fréquentes chez les moins de 40 ans que chez les plus de 70 ans, ce qui explique l’augmentation de l’incidence chez les jeunes adultes. Il est donc essentiel d’adopter une alimentation équilibrée, riche en fibres et limitée en produits transformés, pour préserver la santé du côlon.



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