Kombucha : la boisson tendance qui pourrait cacher des risques

Une boisson à la mode mais à surveiller

Les rayons frais proposent de plus en plus de bouteilles ambrées de kombucha. En France, les ventes de cette boisson fermentée à base de thé auraient augmenté d’environ 35 % en 2024. Elle est souvent perçue comme une alternative saine aux sodas et à l’alcool.

Qu’est-ce que le kombucha ?

Le kombucha est une boisson obtenue en fermentant un thé noir ou vert sucré avec une culture de levures et de bactéries appelée SCOBY. Pendant plusieurs jours, ces micro-organismes transforment le sucre en acides, en gaz carbonique et en une petite quantité d’alcool, souvent moins de 1,5 %. La boisson devient alors pétillante, très acide, avec un pH proche de 3.

Une réputation de « boisson vivante »

Grâce à cette fermentation, le kombucha est considéré comme une boisson riche en probiotiques, censée faciliter la digestion, renforcer l’immunité et rétablir l’équilibre de la flore intestinale. Cependant, la réalité est plus complexe. La composition du kombucha varie selon les marques, la durée de fermentation et la pasteurisation, qui peut éliminer une grande partie des microbes bénéfiques indiqués sur l’étiquette.

« L’impact probiotique du kombucha est imprévisible »

Les études scientifiques sur le sujet restent limitées. Selon le gastro-entérologue Dr Rockford Yapp, l’impact probiotique du kombucha n’est pas garanti. Beaucoup de fabricants traitent la boisson par la chaleur pour prolonger sa conservation, ce qui réduit la présence de bactéries vivantes. Même si des microbes sont encore présents, ils n’ont pas toujours été étudiés pour leur capacité à survivre à l’acidité de l’estomac ou à apporter des bénéfices digestifs mesurables. Par conséquent, les effets probiotique du kombucha restent incertains, en raison des variabilités de production, du manque d’études cliniques et des additifs utilisés.

Les risques liés au sucre et à l’acidité

Pour la santé de l’intestin, le kombucha présente certains inconvénients. La boisson contient encore du sucre résiduel, dont une partie peut dépasser 6 g pour 100 ml. Ce sucre peut nourrir des bactéries moins favorables, provoquant des ballonnements, des gaz ou des diarrhées. Son acidité, quant à elle, peut également poser problème.

Comment consommer le kombucha en toute sécurité ?

Pour préserver votre santé intestinale, il est conseillé de consommer le kombucha avec modération. Évitez d’en boire à jeun et adaptez votre consommation si vous êtes sensible à la caféine. La nutritionniste Claire Johnson recommande de commencer par une petite quantité, comme une demi-tasse ou une tasse par jour, puis d’augmenter progressivement. Cela permet d’éviter tout inconfort digestif. Il faut aussi prendre en compte la quantité de sucre total dans votre alimentation.

Choisir un bon kombucha

Selon Claire Johnson, le kombucha le plus sain est celui qui contient peu de sucre ajouté et utilise des ingrédients de haute qualité. Il est préférable d’opter pour du kombucha cru et non pasteurisé, qui conserve ses probiotiques. Il faut éviter les versions trop sucrées et privilégier celles avec des ingrédients biologiques. La liste des composants doit être simple : thé, sucre et SCOBY. Un goût à la fois doux et acidulé est généralement un bon signe de qualité.

Précautions particulières

Les personnes souffrant de reflux gastro-œsophagien, de grossesse ou d’un système immunitaire affaibli doivent éviter le kombucha. En raison de son acidité, il peut aggraver certains problèmes de santé.

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