Phtalates : ces substances toxiques que vous consommez chaque jour
Les phtalates, des substances chimiques couramment utilisées pour rendre le plastique plus souple, se retrouvent dans de nombreux produits de consommation quotidienne. On les trouve notamment dans les emballages alimentaires, les jouets, les cosmétiques ou encore les produits ménagers.
Selon Santé publique France, 90 % de l’exposition de la population à ces substances provient de l’alimentation. La communauté scientifique s’inquiète de plus en plus de leur impact sur la santé. Une étude publiée en mars dernier dans la revue The Lancet s’est particulièrement intéressée au DEHP, un type de phtalate, qui pourrait être lié à un risque accru de naissances prématurées.
Un impact préoccupant sur la santé des nouveau-nés
Une recherche menée par NYU Langone Health aux États-Unis estime que, en 2018, l’exposition au DEHP aurait été responsable de près de 2 millions de naissances prématurées dans le monde, représentant plus de 8 % de tous ces cas cette année-là.
« Nos analyses suggèrent qu’en réduisant l’exposition au DEHP, notamment dans les zones les plus à risque, il serait possible de limiter les naissances prématurées ainsi que les complications associées », explique Sara Hyman, principale autrice de l’étude. La prématurité reste l’une des principales causes de mortalité infantile et peut entraîner des troubles du développement à long terme.
Les phtalates peuvent se fragmenter en particules invisibles, qui pénètrent dans l’organisme par l’air, la nourriture ou la poussière domestique. Selon les chercheurs, cette contamination pourrait causer environ 74 000 décès de nouveau-nés chaque année. Certaines régions, comme le Moyen-Orient et l’Asie du Sud, seraient particulièrement touchées, concentrant plus de la moitié des effets sanitaires. En Afrique, même si l’exposition est moindre, la proportion de décès reste élevée.
Parmi les phtalates fréquemment retrouvés dans l’alimentation, on trouve le di-iso-butylphtalate (DiBP), le di-n-butylphtalate (DnBP), le butyl-benzylphtalate (BBzP) et le DEHP. Ces substances sont détectées dans une grande variété d’aliments, notamment la volaille, les graisses (huiles, beurre, margarine, lard) et les produits crémiers. Plus de la moitié des échantillons de volaille contiennent des concentrations de DEHP supérieures à 300 μg/kg.
Les réglementations en question
Face à ces constats, les scientifiques dénoncent l’insuffisance des mesures actuelles pour limiter l’exposition aux phtalates. Remplacer un phtalate par un autre, dont les effets sont peu connus, ne résoudrait pas le problème, avertissent-ils. Leonardo Trasande, co-auteur de l’étude, souligne que cette substitution pourrait simplement déplacer le problème.
Pour les chercheurs, il serait nécessaire d’adopter une approche plus globale. Plutôt que de lutter contre chaque substance individuellement, ils recommandent de repenser entièrement l’usage des additifs plastiques. Il s’agit d’un véritable défi de santé publique, car l’exposition à ces composés demeure très répandue et difficile à éviter.



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