Les régimes yo-yo ne sont pas aussi nocifs qu’on le croit, selon un expert
Perte de poids : les régimes yo-yo ne seraient pas aussi nuisibles qu’on le pense, selon un expert
Beaucoup de personnes connaissent le phénomène du régime yo-yo, où l’on perd 5 kilos puis on les reprend, parfois plusieurs fois. Ce cycle est souvent associé à la culpabilité et à la crainte d’endommager durablement son métabolisme. Pendant longtemps, il a été considéré comme presque aussi mauvais que de ne jamais perdre de poids.
Une revue de la littérature publiée dans la revue médicale The Lancet Diabetes & Endocrinology remet en question cette vision. Signée par l’endocrinologue allemand Norbert Stefan et le chercheur Faidon Magkos, cette étude montre qu’il n’existe pas de preuve claire que les fluctuations de poids, en elles-mêmes, provoqueraient des dommages à long terme chez les personnes en surpoids. Selon le professeur Stefan, perdre du poids reste bénéfique, même si l’on prévoit de le reprendre. La question est de savoir ce qui se joue réellement lors de ces cycles.
Comment fonctionne le régime yo-yo ?
L’effet yo-yo désigne ces cycles répétés de perte puis de reprise de poids, souvent après des régimes restrictifs. Autrefois, ces fluctuations étaient associées à un risque accru de diabète, de maladies cardiovasculaires ou de mortalité. Cependant, Stefan et Magkos soulignent que ces risques sont surtout liés à l’obésité initiale, à l’âge, à la sédentarité ou à une alimentation riche en aliments ultra-transformés, plutôt qu’au simple fait de perdre puis regagner du poids.
Une idée reçue souvent répandue affirme que, lors de chaque reprise, on gagnerait « plus de graisse » qu’auparavant. Ce n’est pas exact, explique le professeur Stefan : « L’augmentation de la masse graisseuse lors d’une reprise de poids n’est en réalité pas réelle. La proportion de muscles et de graisses reste la même. »
Les bénéfices d’une perte de poids sont tangibles : baisse de la pression artérielle, diminution des triglycérides, amélioration des marqueurs cardiovasculaires, ainsi qu’une meilleure santé mentale et une meilleure qualité de vie. Cependant, ces gains tendent à disparaître lorsque le poids revient, sans que les risques initiaux ne s’aggravent nécessairement.
Qu’est-ce que la « mémoire cardiométabolique » ?
Norbert Stefan évoque un mécanisme clé : la mémoire cardiométabolique. Il s’agit de modifications durables dans les cellules du cerveau et du tissu adipeux après une prise de poids. Lorsqu’on grossit, les gènes qui contrôlent la sensation de faim restent activés, ce qui pousse à ressentir la faim plus tôt. Selon Stefan, « le problème, c’est que lorsque l’on perd du poids, ce seuil de régulation ne diminue pas, il reste inchangé et il est impossible de le faire baisser. »
Le tissu adipeux garde aussi cette mémoire, apprenant à stocker plus rapidement les calories. À cela s’ajoutent des habitudes de vie souvent ancrées : alimentation réconfortante en période de stress, portions généreuses ou sédentarité. À la fin d’un régime, ces comportements reprennent souvent le dessus, contribuant à la reprise de poids. Ce phénomène résulte d’une interaction entre biologie et environnement, et non d’une punition du corps suite à un échec.
Pourquoi une perte de poids progressive est-elle plus durable ?
Les recherches montrent que la méthode de perte de poids est essentielle. Un régime très hypocalorique, par exemple à environ 800 calories par jour pendant trois mois, provoque une perte rapide de kilos. Cependant, après un an, c’est dans ces groupes que la reprise de poids est la plus forte.
En revanche, une perte de poids lente et régulière, autour de 0,5 kilo par semaine, combinée à une alimentation équilibrée et de l’activité physique, est plus efficace pour maintenir le poids sur le long terme. La réussite dépend aussi du profil initial. Chez les personnes souffrant de résistance à l’insuline, d’hypertension ou de prédiabète, une perte de 10 % du poids initial peut suffire à améliorer la santé. Pour des résultats plus significatifs, Norbert Stefan recommande une réduction de 15 à 20 %.
Il rassure également ceux qui tentent régulièrement de maigrir : « Les tentatives infructueuses ne sont pas nuisibles. En revanche, abandonner complètement peut l’être. »



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