Canicule : Philippe Etchebest conseille d’abandonner la cuillère en plastique en cuisine
Canicule : Philippe Etchebest conseille de se débarrasser de la cuillère en plastique en cuisine
Lorsque la chaleur transforme la cuisine en four, on pense souvent à ouvrir les fenêtres plutôt qu’à ses ustensiles. Pourtant, un simple ustensile comme la grande cuillère peut devenir un danger, alerte le chef Philippe Etchebest. Il déconseille d’utiliser une cuillère en plastique de cuisson en contact direct avec des plats très chauds, surtout par forte chaleur.
Selon lui, le problème ne réside pas dans la forme de la cuillère, mais dans sa matière. « Surtout, ne vous trompez pas ! », insiste-t-il, en évoquant notamment les modèles en plastique ou en bambou qui se détériorent à haute température. Au-delà du goût, la question est aussi sanitaire : lorsque la température dans la poêle ou dans la pièce augmente, certains matériaux peuvent libérer des fragments ou des substances indésirables dans la nourriture.
Les risques liés à la cuillère en plastique en période de canicule
Dans sa cuisine professionnelle comme à la maison, Philippe Etchebest rappelle que la grande cuillère de cuisson sert à remuer, racler et même goûter. Mais elle reste souvent plantée dans la sauce. Il insiste : « Surtout, ne vous trompez pas sur la matière. Évitez tout ce qui est en plastique ou en bambou. Avec la chaleur, cela peut s’altérer ».
Le plastique peut se déformer, se rayer, et des microfragments peuvent migrer vers les aliments. En ce qui concerne le bambou, certains ustensiles du marché contiennent un mélange de fibres de bambou et de résine de mélamine-formaldéhyde, qui a déjà été rappelée par les autorités. Lorsqu’elle est chauffée dans une casserole bouillante, cette résine peut migrer dans la nourriture, ce qui fait de ces cuillères une solution peu écologique en période de forte chaleur.
Les dangers du plastique à haute température
L’association de consommateurs UFC-Que Choisir, s’appuyant sur l’Institut fédéral allemand BfR, a testé des ustensiles en polyamide (nylon). Résultat : 10 modèles sur 33 dépassaient le seuil toxique de 5 mg d’oligomères par kilogramme de nourriture à seulement 70 °C, température d’un plat chaud ou d’une eau frémissante. L’institut recommande de ne pas laisser ces ustensiles longtemps dans un plat bouillant et de privilégier le bois pour la cuisson.
Les agences sanitaires rappellent aussi que de nombreux ustensiles en plastique peuvent libérer des substances chimiques et des microplastiques à chaud, notamment dans les plats gras ou acides. Une étude publiée en 2024 dans la revue Chemosphere a analysé 203 objets en plastique noir et détecté des retardateurs de flamme toxiques dans 85 % d’entre eux, avec des concentrations jusqu’à 22 800 mg/kg. Lorsqu’une spatule noire est utilisée pour mélanger un plat brûlant, la migration de ces composés augmente.
Les experts conseillent de se débarrasser en priorité de :
- les cuillères et spatules noires rayées ou rugueuses ;
- les ustensiles déformés ou partiellement fondus ;
- ceux qui dégagent une odeur persistante de plastique ;
- les modèles très anciens utilisés quotidiennement près du feu.
Les alternatives sûres pour cuisiner pendant la canicule
Pour limiter ces risques sans tout jeter, le chef recommande le bois. « Le bois ne conduit pas la chaleur, ne raye pas le poêle, et reste une valeur sûre ». Une cuillère en bois non traitée est aujourd’hui la solution la plus simple et la plus fiable pour cuisiner en période de forte chaleur.
En complément, il est conseillé d’utiliser l’inox 18/10 pour remuer dans des casseroles adaptées, le verre pour mélanger hors du feu, et quelques accessoires en silicone certifié, à condition de respecter les températures recommandées. Les cuillères en plastique en bon état peuvent encore servir pour des préparations froides.



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