Manger entre les repas : une habitude saine ou à risque ?
Grignoter entre les repas est une habitude fréquente, surtout chez les jeunes adultes. Un petit creux dans l’après-midi, une envie de manger devant un écran ou un encas pris rapidement s’ajoutent souvent aux repas principaux. Lorsqu’on pense à ces collations, on a tendance à imaginer des chips, biscuits ou chocolats.
Pourtant, le grignotage n’est pas toujours mauvais pour la santé. Une étude menée à l’Université de Wageningen par la chercheuse en nutrition Mariëlle de Vaal remet en question cette idée reçue. Ses travaux montrent que, chez les jeunes adultes étudiés, le grignotage était fréquent, mais souvent composé d’aliments relativement équilibrés.
Une majorité d’aliments respectant les recommandations alimentaires
La thèse de Mariëlle de Vaal, relayée début septembre 2026 par le site MedicalXpress, a suivi pendant un an 264 jeunes Néerlandais de la génération Y via une application mobile. Chaque aliment ou boisson consommée en dehors des repas principaux était enregistré et classé comme « petit-déjeuner », « déjeuner », « collation » ou « substitut de repas ». Le grignotage désigne ici toute prise alimentaire en dehors des repas habituels, comme un fruit, un yaourt ou un paquet de biscuits.
Les résultats montrent que ces jeunes adultes grignotaient en moyenne quatre à cinq fois par jour. Cependant, 64 % des aliments consommés entre les repas respectaient les recommandations nutritionnelles néerlandaises, la Roue des Cinq. Fruits, concombre, pain, yaourt et café noir dominaient ces encas. En somme, ces collations contribuaient à une alimentation saine, loin de l’image d’un bol de bonbons systématique.
Le contexte influence la perception du grignotage
Un même aliment peut être perçu différemment selon le moment. Par exemple, un concombre mangé le matin au travail pour tenir jusqu’au déjeuner est considéré comme une « entre-deux », tandis que le même légume consommé lors d’une soirée entre amis devient une « collation ». De même, un café noir au bureau sert souvent à rester concentré, alors qu’en terrasse, il représente un moment de plaisir partagé.
Selon Mariëlle de Vaal, ces exemples montrent que l’on mange en dehors des repas pour diverses raisons : la faim, mais aussi la routine, la commodité, le besoin d’énergie, le désir de détente, ou encore pour socialiser. Elle évoque une tendance mondiale à la « snackification », où la frontière entre repas et encas s’efface. Plusieurs petits encas peuvent ainsi remplacer un repas structuré. Elle résume : « Grignoter, c’est bien plus que simplement manger et boire. »
Comment faire des encas sains sans culpabiliser ?
Les recommandations françaises, notamment celles du Programme national nutrition santé porté par Manger Bouger, n’interdisent pas tout encas. Elles suggèrent plutôt de se poser certaines questions avant de manger entre les repas :
- Ai-je vraiment faim ou est-ce l’ennui, le stress ou l’utilisation d’écrans qui me pousse à ouvrir le frigo ?
- Est-ce pour attendre le prochain repas ou pour partager un moment convivial avec d’autres ?
- Y a-t-il une alternative plus nourrissante que je peux choisir ici et maintenant ?
Les options recommandées incluent un fruit frais, un yaourt nature, un morceau de pain ou une petite poignée de fruits à coque non salés. Le message principal de Mariëlle de Vaal est d’observer ce que l’on mange, mais aussi de comprendre pourquoi et avec qui. « Grignoter n’est pas forcément mauvais pour la santé. Il est temps d’arrêter de le diaboliser », affirme-t-elle.



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