Une habitude alimentaire négligée qui tue en France

Une habitude alimentaire négligée en France, avec des conséquences graves

Selon une étude internationale, près d’un décès sur cinq dans le monde est lié à une alimentation peu favorable. Les maladies cardiovasculaires, certains cancers, l’obésité et le diabète de type 2 en sont les principales causes. En France, une analyse du Baromètre 2021, publiée le 29 avril 2025 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, met en évidence une habitude quotidienne encore trop souvent ignorée.

Le défi des cinq fruits et légumes par jour

Depuis 2001, le Programme national nutrition santé recommande de consommer au moins cinq fruits et légumes chaque jour. Pourtant, selon Santé publique France, seulement 24 % des femmes et 18 % des hommes atteignent cette recommandation. Bien que la majorité des Français connaissent ce repère, il reste largement non respecté. La majorité d’entre eux consomme moins de cinq portions quotidiennes, malgré une sensibilisation de longue date.

Une pratique majoritaire et inégalitaire

Les résultats du Baromètre 2021 montrent que 65 % des hommes et 57 % des femmes sont de « petits consommateurs » de fruits et légumes, avec moins de 3,5 portions par jour. Une portion correspond à environ 80 à 100 grammes, comme une tomate moyenne ou un petit bol de haricots verts.

Les inégalités sociales et d’âge jouent aussi un rôle. Les jeunes adultes, les personnes avec peu de diplômes ou vivant dans des zones défavorisées consomment encore moins de fruits et légumes. Les raisons évoquées incluent le prix, le manque de temps pour cuisiner ou la préférence pour les plats préparés. Au quotidien, beaucoup se contentent de pain, fromage, viande, féculents, avec parfois un fruit ou des crudités en accompagnement.

Les risques pour la santé liés au manque de fruits et légumes

Selon l’étude Global Burden of Disease, relayée par l’Organisation mondiale de la santé, une alimentation inadéquate cause environ 11 millions de décès chaque année dans le monde, soit près d’un décès sur cinq. Les maladies cardiovasculaires, certains cancers et le diabète de type 2 sont principalement responsables de ces morts.

Dans les pays industrialisés, Santé publique France rappelle que l’alimentation demeure un levier essentiel pour réduire ces maladies chroniques. Le manque de fruits et légumes aurait, selon leurs estimations, un impact significatif : 14 % des morts par cancers gastro-intestinaux, 11 % par maladies cardiaques, et 9 % par accidents cardiovasculaires seraient liés à cette carence. Ces aliments apportent fibres, vitamines et antioxydants, qui jouent un rôle dans la régulation de la tension artérielle, du cholestérol, de l’inflammation et du poids.

Une évolution nécessaire du message de santé publique

La recommandation de consommer cinq portions de fruits et légumes par jour est largement diffusée depuis 2001. Pourtant, vingt ans plus tard, peu de Français y parviennent. Moins d’un quart des femmes et encore moins d’hommes respectent cet objectif. Face à cette situation, des experts en nutrition publique proposent de repenser la communication : mieux éduquer au goût, clarifier ce qu’on entend par portion, et encourager des cantines plus végétales pour rendre cette habitude plus accessible.

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