Compléments à l’huile de poisson : un danger insoupçonné pour votre cœur

Une nouvelle étude britannique remet en question la sécurité des compléments alimentaires à base d’huile de poisson, très populaires en France et dans le monde. Pendant des années, de nombreuses personnes ont pris ces gélules chaque matin, convaincues qu’elles protégeaient leur cœur. Pourtant, cette étude, publiée dans la revue BMJ Medicine, indique que leur consommation régulière pourrait augmenter le risque d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) et de troubles du rythme cardiaque.

Les chercheurs ont suivi 415 737 adultes pendant près de douze ans. Parmi eux, ceux qui prenaient régulièrement des gélules d’huile de poisson, riches en oméga-3, présentaient un risque accru de fibrillation auriculaire de 13 % et de AVC de 5 %, comparés à ceux qui n’en consommaient pas. L’étude montre aussi que, chez les personnes sans maladie cardiaque au départ, ces risques sont significatifs. En revanche, chez celles déjà atteintes de problèmes cardiaques, certains bénéfices ont été observés, comme une réduction du risque d’infarctus et de décès liés à l’insuffisance cardiaque. Ce constat complexifie le message : pour qui ces compléments sont-ils réellement bénéfiques ou risqués ?

Ce que révèle l’étude du BMJ Medicine sur le risque d’AVC

Selon l’étude, 31,5 % des participants, âgés de 40 à 69 ans, prenaient régulièrement des suppléments d’huile de poisson. Leur état de santé a été suivi grâce aux dossiers médicaux jusqu’en 2021. Les chercheurs soulignent que l’utilisation régulière de ces compléments pourrait être un facteur de risque pour la fibrillation auriculaire et l’AVC dans la population générale. Ils notent également une augmentation de 6 % des événements cardiovasculaires graves chez les femmes et les non-fumeurs.

Chez les participants ayant déjà une maladie cardiovasculaire au début de l’étude, le risque d’infarctus était en revanche réduit de 15 % après un épisode de fibrillation auriculaire, et le risque de décès en cas d’insuffisance cardiaque diminuait de 9 %. Cependant, les auteurs précisent que leur étude est observationnelle. Elle ne permet pas d’établir de lien de cause à effet, notamment en raison du manque d’informations précises sur la dose et le type de compléments utilisés. La prudence reste donc de mise.

Les compléments d’oméga-3 et le risque cardiaque : un signal préoccupant

Ce risque accru de fibrillation auriculaire n’est pas isolé. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et l’Agence européenne des médicaments (EMA) ont également signalé, dans leurs méta-analyses, un sur-risque de troubles du rythme cardiaque liés à la prise d’oméga-3 sous forme de médicaments. Ces médicaments, prescrits et surveillés médicalement, mentionnent souvent la fibrillation auriculaire comme effet indésirable fréquent.

Pour les compléments en vente libre, plusieurs études, notamment celles relayées par National Geographic France, n’ont pas montré de bénéfice net en matière de prévention des infarctus ou AVC chez les personnes en bonne santé. Ces résultats soulèvent donc des questions sur leur efficacité et leur sécurité.

Faut-il arrêter ses oméga-3 en gélules pour préserver son cœur ?

Selon la British Heart Foundation, ces nouvelles données ne justifient pas une interruption soudaine de la consommation de gélules d’huile de poisson. L’organisation rappelle qu’une alimentation équilibrée, riche en poissons gras, fruits, légumes et huile d’olive, reste la meilleure manière d’apporter naturellement des oméga-3. Elle insiste sur l’importance de ne pas céder à la panique tout en restant vigilant face à ces nouveaux résultats.

Laisser un commentaire