Thon en conserve : Petit Navire lance un défi pour tester la sécurité

Une inquiétude grandit dans les cuisines : le niveau de mercure dans le thon en conserve, notamment chez Petit Navire, est-il trop élevé ? Face aux alertes d’ONG, aux articles alarmants et aux parents qui évitent la conserve, la marque bretonne a décidé de réagir différemment. Elle propose aux consommateurs de faire analyser eux-mêmes certaines boîtes dans un laboratoire indépendant.

Dans une campagne axée sur la transparence, Petit Navire invite les clients à « faire le test ». La marque assure que ses produits respectent les normes européennes en matière de mercure et a mis en place un site internet. Sur cette plateforme, chacun peut s’inscrire, envoyer une boîte pour analyse, et ainsi connaître la teneur en mercure de son poisson.

Un contexte de polémique autour du mercure dans le thon

Ce geste intervient dans un contexte déjà marqué par une controverse. Une étude menée par Bloom et Foodwatch a analysé 148 boîtes de thon achetées en Europe. Résultat : toutes contenaient du mercure, avec des niveaux dépassant parfois la limite fixée par l’Union européenne. Le plus élevé, une conserve Petit Navire, affichait une teneur de 3,9 mg/kg, bien au-dessus du seuil réglementaire.

La réglementation européenne autorise jusqu’à 1 mg/kg pour le thon, alors que pour d’autres poissons comme la sardine ou le cabillaud, la limite est de 0,3 mg/kg. Face à ces chiffres, plusieurs associations réclament un abaissement de la limite. Par ailleurs, des villes ont déjà décidé de retirer le thon en conserve de leurs cantines, et les ventes ont chuté de 10 à 20 % en quelques mois.

Le processus du test proposé par Petit Navire

Pour rassurer ses consommateurs, Petit Navire propose d’envoyer une boîte de leur choix à un laboratoire indépendant, Labexia, basé à Quimper. Les personnes intéressées doivent se rendre sur un site dédié, inscrire la référence de leur conserve, puis suivre les instructions pour l’envoi. La marque précise que tous les frais, d’achat, d’envoi et d’analyse, sont pris en charge.

Les analyses sont réalisées selon des normes officielles. Les résultats, fiables et objectifs, sont envoyés directement aux participants à domicile. La procédure comporte quelques étapes simples :

  • Inscription sur le site et enregistrement du code de la boîte ;
  • Envoi de la conserve à Labexia selon les consignes données ;
  • Analyse en laboratoire pour mesurer la teneur en mercure ;
  • Réception d’un rapport indiquant le niveau de mercure dans la conserve.

Ce que disent l’OMS et les autorités sanitaires sur le mercure

Ce test s’appuie sur une réalité biologique bien connue : les grands prédateurs marins comme le thon, l’espadon ou le requin accumulent des métaux lourds en mangeant des poissons plus petits. Le mercure se transforme en méthylmercure dans leur chair, une forme qui s’accumule et se dégrade très lentement chez l’homme.

D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le mercure est « l’une des 10 substances chimiques gravement préoccupantes pour la santé publique ». Il peut provoquer des effets toxiques sur le système nerveux, digestif, immunitaire, ainsi que sur les poumons, les reins, la peau et les yeux.

Les autorités sanitaires insistent sur le fait que ce risque concerne surtout le système nerveux des fœtus, des jeunes enfants, et des femmes enceintes ou allaitantes. L’Anses recommande donc de limiter la consommation de grands poissons prédateurs dans ces populations et de diversifier leur alimentation en poisson.

Pour un adulte, une teneur en mercure de l’ordre de 1 mg/kg reste conforme à la réglementation. En revanche, plusieurs ONG préconisent un seuil inférieur, autour de 0,3 mg/kg. Grâce aux résultats du laboratoire, chaque consommateur pourra mieux comprendre son exposition au mercure.

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