Votre génétique façonne aussi ce que vous aimez manger
La génétique influence nos préférences alimentaires, pas seulement nos goûts
Le goût que nous percevons repose sur des récepteurs situés dans nos papilles gustatives. Ces récepteurs détectent différentes saveurs : sucrée, salée, acide, amère, umami, et même celle des matières grasses. Une fois activés, ils envoient des signaux au cerveau, qui interprète la sensation.
Cependant, la perception des saveurs n’est pas identique chez tout le monde. Elle est influencée par des variations génétiques appelées polymorphismes. Par exemple, le gène TAS2R38 joue un rôle clé dans la perception de l’amertume. Selon la version héritée, certaines personnes ressentent fortement cette saveur, alors que d’autres y sont beaucoup moins sensibles.
En conséquence, un même aliment peut paraître très amer à certains, et presque neutre à d’autres. Cette sensibilité influence directement nos préférences alimentaires, notamment pour certains légumes comme les choux de Bruxelles ou le café.
Une évolution pour mieux survivre
Nos goûts ont aussi une origine évolutive. La préférence pour le sucré, présente dès la naissance, aurait été favorisée par la recherche d’aliments riches en énergie. À l’inverse, l’aversion pour l’amer ou l’acide aurait permis d’éviter la consommation de substances potentiellement toxiques.
Avec l’âge, cette sensibilité change. Les adultes tolèrent généralement mieux l’amertume, ce qui explique pourquoi certains aiment le café ou d’autres boissons amères qu’ils n’appréciaient pas enfant.
Le rôle de l’expérience, de la culture et des souvenirs
Les préférences alimentaires résultent d’une interaction complexe entre notre biologie et notre environnement, selon un article de la BBC Science Focus. La répétition d’un aliment peut modifier la perception de son goût. La culture joue également un rôle important : on apprend à aimer ce que notre entourage consomme.
Nos expériences personnelles ont aussi un fort impact. Par exemple, un aliment associé à un souvenir positif sera plus apprécié, tandis qu’une expérience désagréable peut entraîner une aversion durable. Certaines réactions, comme le goût « savonneux » de la coriandre chez certaines personnes, ont également une origine génétique.
Est-il possible d’apprendre à aimer un aliment ? La réponse est souvent oui. En goûtant régulièrement de petites quantités, en variant les modes de préparation et en dépassant ses idées reçues, il est possible de faire évoluer ses préférences au fil du temps.



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