Jeûne et cœur : une surprise bénéfique pour votre santé cardiovasculaire

Les périodes de jeûne comme le Ramadan ou le carême orthodoxe impliquent des changements dans les habitudes alimentaires et les horaires des repas. Ces modifications ont aussi un impact sur le cœur, comme le montrent des recherches récentes. Des équipes, notamment celle de Duane Mellor de l’Université de Birmingham, étudient ces pratiques au-delà de leur dimension spirituelle.

Les résultats suggèrent que ces jeûnes pourraient favoriser une meilleure santé cardiovasculaire, mais pour des raisons différentes. En effet, après plusieurs jours sans eau ni nourriture ou avec une alimentation quasi végétale, le corps s’adapte en modifiant sa façon d’utiliser le sucre et les graisses. La question est de savoir comment ces adaptations alimentaires se traduisent concrètement dans les artères.

En quoi consistent les jeûnes du Ramadan et du carême ?

Le jeûne du Ramadan consiste à s’abstenir de toute nourriture et boisson entre l’aube et le coucher du soleil, durant environ un mois. Les repas principaux sont concentrés la nuit, avec le souhour (avant l’aube) et l’iftar (au crépuscule).

Le carême orthodoxe repose sur un autre principe : l’absence de viande, de produits laitiers et d’œufs pendant plusieurs semaines. Parfois, cette période est complétée par des jours où l’on consomme peu de graisses. L’alimentation privilégie alors fruits, légumes, céréales et légumineuses, dans une approche proche d’un régime méditerranéen ou végétarien.

Les effets du jeûne sur la santé du cœur, selon les études

En analysant des données provenant de communautés musulmanes et orthodoxes, des chercheurs comme Duane Mellor ont constaté que ces jeûnes sont associés à un risque réduit de maladies cardiovasculaires. Pendant le Ramadan, on observe souvent une baisse de la tension artérielle et une perte de poids. Quant au carême orthodoxe, la diminution la plus notable concerne le cholestérol sanguin.

Certaines études indiquent qu’un mois de jeûne peut réduire l’inflammation d’environ 30 %, tout en faisant baisser la pression artérielle et le cholestérol de 10 à 15 % chez des adultes qui supportent bien ces pratiques. Chez des moines suivant un jeûne orthodoxe intensif, on constate aussi un profil lipidique et une glycémie globalement favorables.

Quels bénéfices et limites pour la santé ?

Les longues périodes sans manger ni boire durant le jeûne limitent les pics d’insuline, hormones qui, lorsqu’elles sont en excès, stimulent le système nerveux sympathique et augmentent la tension artérielle. Moins d’insuline favorise un relâchement des artères et une baisse de la pression. La perte de poids liée au Ramadan soulage aussi le cœur et améliore certains marqueurs métaboliques.

Pour le carême orthodoxe, la consommation accrue de fruits, légumes, céréales complètes et huiles végétales réduit l’apport en graisses saturées et en cholestérol, ce qui peut faire baisser le LDL (mauvais cholestérol). En revanche, les études sur le jeûne intermittent restent prudentes. Certaines revues ne montrent pas de réduction du risque d’infarctus ou d’AVC, et un schéma strict d’alimentation limitée à huit heures par jour a été associé à une augmentation d’environ 90 % du risque de décès cardiovasculaire. Les personnes atteintes de maladies cardiaques devraient donc consulter leur médecin avant de se lancer dans un jeûne prolongé, surtout si leur état n’est pas bien stabilisé.

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