Cuisson du poisson : le secret pour réduire votre risque de cancer

Une étude souligne l’importance du mode de cuisson du poisson pour réduire le risque de cancer

Le cancer colorectal est l’un des cancers les plus fréquents. En France, il touche plus de 47 500 personnes chaque année et entraîne près de 17 000 décès, selon l’Institut national du cancer. Si l’alimentation joue un rôle dans la prévention, une nouvelle recherche met en lumière l’impact du mode de cuisson du poisson.

Une étude sur la consommation de poisson et le risque de cancer

Des chercheurs de l’université de Boston ont étudié la relation entre la consommation de poisson, les acides gras polyinsaturés (AGPI) et le risque de développer un cancer colorectal. Leur étude, publiée dans le Journal of Nutrition, s’appuie sur les données de la Black Women’s Health Study, une étude menée entre 1995 et 2021.

Au total, 52 690 femmes afro-américaines âgées de 21 à 69 ans ont été suivies en moyenne pendant 24 ans. Parmi elles, 687 ont été diagnostiquées avec un cancer colorectal durant cette période.

Les participantes ont répondu à plusieurs questionnaires détaillant leurs habitudes alimentaires, notamment leur consommation de poisson, de fruits, de légumes et de viandes transformées. Les chercheurs ont aussi pris en compte de nombreux facteurs pouvant influencer le risque, comme l’âge, l’indice de masse corporelle, l’activité physique, le tabagisme, la consommation d’alcool, les antécédents familiaux ou certaines maladies.

Les résultats : le mode de cuisson du poisson fait la différence

Les analyses ont montré qu’une consommation élevée de poisson cuit au four était associée à une réduction de 26 % du risque de cancer colorectal. Le bénéfice était encore plus marqué pour le cancer du côlon proximal, situé dans la première partie du gros intestin : chez les femmes consommant le plus de poisson cuit au four, le risque était réduit de 44 %.

En revanche, aucune relation n’a été trouvée entre la consommation totale de poisson et une baisse du risque de cancer colorectal. Selon les chercheurs, cela pourrait s’expliquer par le fait que cette catégorie inclut des poissons pauvres en AGPI et des modes de cuisson variés, comme la friture.

Les résultats indiquent également qu’un apport plus élevé en oméga-3, ainsi qu’un bon équilibre entre oméga-3 et oméga-6, est associé à une diminution du risque de cancer du côlon proximal, allant de 39 % à 53 %.

Pourquoi le mode de cuisson influence-t-il ces effets ?

Les chercheurs avancent que la méthode de cuisson pourrait altérer les bénéfices nutritionnels du poisson. La cuisson au four aurait l’avantage de préserver davantage les oméga-3, des acides gras reconnus pour leurs effets anti-inflammatoires.

À l’inverse, la friture pourrait oxyder ou dégrader ces acides gras, tout en augmentant l’apport en matières grasses et en oméga-6, déjà présents en quantité dans l’alimentation.

Des limites à considérer

Les auteurs soulignent que leur étude présente certaines limites. Les données alimentaires sont basées sur des questionnaires déclaratifs, ce qui peut introduire des biais. De plus, les résultats concernent principalement des femmes afro-américaines, ce qui limite leur applicabilité à l’ensemble de la population.

Une prévention globale toujours essentielle

Au-delà de la cuisson du poisson, d’autres recommandations alimentaires contribuent à réduire le risque de cancer. Il est conseillé de privilégier la consommation de fruits, légumes, légumineuses et céréales complètes, tout en limitant la viande rouge, les aliments ultra-transformés, les boissons sucrées et l’alcool. La pratique régulière d’une activité physique est également recommandée.

Enfin, le dépistage reste un outil clé. En France, il est proposé tous les deux ans aux personnes âgées de 50 à 74 ans. Lorsqu’il est effectué précocement, le cancer colorectal peut être guéri dans neuf cas sur dix.

Laisser un commentaire