Attention aux compléments alimentaires qui pourraient nuire à votre cerveau
Les compléments alimentaires à éviter pour préserver son cerveau
De nombreuses personnes prennent des compléments alimentaires comme des huiles d’oméga-3, des gélules de ginkgo ou des poudres “pré‑workout” dans l’espoir de protéger leur cerveau. Cependant, en consultation chez le neurologue, le constat est souvent différent. Certains patients présentent des problèmes tels que des troubles du sommeil, des maux de tête, des palpitations ou des ecchymoses inexpliquées, alors qu’ils pensent bien faire. Trois mélanges de compléments reviennent fréquemment et préoccupent fortement les spécialistes.
Selon le neurologue Jerold Fleishman, la littérature scientifique montre que la supplémentation de manière indiscriminée, surtout avec des nutriments isolés à doses élevées ou en associations déséquilibrées, peut être plus risquée que bénéfique. Il recommande de privilégier une alimentation équilibrée pour obtenir les nutriments, et de ne recourir à la supplémentation que si une carence est clairement diagnostiquée et sous contrôle médical. Pour lui, les preuves en faveur des compléments pour maintenir la santé cognitive chez l’adulte en bonne santé sont limitées et ne justifient pas une utilisation systématique.
Rab Nawaz Khan, neurologue certifié, explique que tout ce qui perturbe régulièrement le sommeil, augmente la tension artérielle ou sollicite le foie peut, à long terme, nuire indirectement à la santé du cerveau.
Les interactions dangereuses à connaître
Premier cocktail à éviter : la combinaison d’oméga-3 en gélules, ginkgo, ail ou curcuma, prise dans le but d’améliorer la mémoire ou la concentration, en même temps qu’un traitement fluidifiant sanguin (aspirine, clopidogrel, warfarine, apixaban). Le Dr Rab Nawaz Khan met en garde contre ces associations, qui peuvent augmenter le risque de saignement, notamment de bleus ou d’hémorragies cérébrales. La dose élevée d’huile de poisson associée à du ginkgo, de l’ail ou du curcuma est particulièrement risquée si on prend déjà un médicament anticoagulant.
Deuxième danger : mélanger des stimulants comme la caféine forte avec d’autres excitants tels que la yohimbine, la synéphrine ou un extrait de thé vert à haute dose. Ces associations peuvent intensifier l’anxiété, l’insomnie, les palpitations ou les migraines. Ces substances se retrouvent souvent dans des compléments destinés à brûler des graisses ou à donner de l’énergie, mais elles fragmentent le sommeil et augmentent la tension artérielle, accélérant ainsi le vieillissement cérébral.
Troisième piège : consommer des plantes psychoactives vendues en ligne en tant que produits “naturels”. Kratom, kava, salvia ou préparations d’ayahuasca peuvent provoquer dépendance, confusion ou crises, et interagir violemment avec certains médicaments comme les antidépresseurs ou les traitements contre l’épilepsie. Ces substances non réglementées représentent un réel danger pour le cerveau.
Les bons réflexes à adopter
Face à ces risques, les neurologues recommandent de traiter les compléments comme de vrais médicaments. Il faut toujours informer son médecin ou son pharmacien de la liste complète des produits consommés, surtout si l’on suit un traitement anticoagulant, anti-épileptique ou antidépresseur. Il est conseillé d’éviter d’accumuler plusieurs produits aux ingrédients similaires ou en doses excessives, car plus n’est pas forcément mieux.
Par ailleurs, certaines interactions courantes doivent aussi être évitées. Par exemple, l’association du millepertuis et de la mélatonine peut entraîner une somnolence excessive, des vertiges ou des troubles de la concentration, rendant la conduite ou d’autres activités dangereuses. La nutritionniste Shelley Balls cite aussi le risque de chute ou d’accident en raison de ces effets secondaires.
En somme, avant de prendre un complément alimentaire, il est essentiel de vérifier chaque ingrédient. Il faut repérer les stimulants, fluidifiants sanguins ou plantes pouvant agir sur le mental, et consulter un professionnel si l’on prend déjà des médicaments. En cas de doute, il vaut mieux demander l’avis de son médecin.



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