L’Hexane, le danger caché derrière vos aliments quotidiens

Qu’est-ce que l’hexane ?

Inconnu du grand public, l’hexane est un solvant issu de la pétrochimie. Il intervient dans la fabrication de nombreux aliments courants, comme l’huile, le beurre ou le lait. Pourtant, il n’est pas considéré comme un ingrédient alimentaire, mais comme un « auxiliaire technologique ». Cela signifie qu’il n’apparaît pas sur la liste d’ingrédients des produits vendus en commerce.

L’hexane est utilisé par l’industrie agroalimentaire pour extraire l’huile des graines oléagineuses telles que le colza, le tournesol ou le soja. Il permet d’obtenir un rendement d’environ 97 %, contre 89 % avec une pression mécanique à froid, selon un rapport de Greenpeace publié en septembre 2025. Concrètement, après la première pression, les graines déjà pressées sont lavées à l’hexane pour récupérer l’huile restante, évitant ainsi tout gaspillage.

Une origine préoccupante

Le problème réside dans l’origine de ce solvant. Selon un document de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) publié en juin 2025, l’hexane technique est principalement composé d’hydrocarbures issus du pétrole. Il s’agit donc d’un produit dérivé de la pétrochimie, ce qui soulève des questions sur sa sécurité.

Les risques pour la santé

L’EFSA évoque des données récentes sur de possibles effets néfastes, notamment neurotoxiques, rénaux, hépatiques, pulmonaires, immunitaires, endocriniens et sur le développement. Depuis mai 2026, l’hexane est officiellement considéré comme « neurotoxique avéré » dans la classification européenne, alors qu’il était auparavant seulement présumé l’être. Chez les personnes fortement exposées, surtout par inhalation, il peut provoquer des atteintes nerveuses, notamment dans les bras et les jambes, selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS).

De plus, l’utilisation intensive de l’hexane contribuerait à la pollution de l’air et aux changements climatiques, alertent des chercheurs comme Christian Cravotto d’AgroParisTech.

Une réglementation insuffisante

Jusqu’à présent, l’acceptabilité de l’hexane dans notre alimentation reposait sur des études datant des années 1990. En 1996, le Comité scientifique de l’alimentation humaine avait fixé une dose sans effet à 23 mg/kg de poids corporel, avec une exposition estimée à 0,1 mg/kg par jour. Greenpeace souligne qu’il n’existe actuellement « aucune limite réglementaire » pour les produits d’origine animale ou pour l’alimentation animale, notamment le beurre, le lait ou la viande de poulet.

Lors de l’extraction, jusqu’à 60 % de l’hexane pourrait finir dans les tourteaux, ces résidus solides utilisés pour nourrir le bétail. Selon Greenpeace, les huiles végétales, ainsi que certains produits animaux comme le poulet, le beurre, le lait ou même le lait infantile, seraient particulièrement contaminés par ce solvant dans notre alimentation quotidienne.

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