Thon en boîte : combien de consommation par semainesans risque pour la santé?

Thon en boîte : quelles recommandations pour la consommation hebdomadaire ?

En France, le thon en boîte est un aliment courant dans de nombreux ménages. Souvent associé à des salades rapides ou des sandwiches, il est perçu comme sain et pratique. Cependant, des ONG environnementales comme Bloom et Foodwatch ont alerté sur la présence de mercure dans le thon. Cela soulève une question importante : combien de fois par semaine peut-on en consommer sans risque pour la santé ?

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) donne une réponse claire. Pour un adulte en bonne santé, il est conseillé de limiter la consommation à une seule portion de thon par semaine, soit environ 150 grammes. Cela correspond à une grosse boîte égouttée, qu’elle soit fraîche ou en conserve. Au-delà de cette quantité, notamment si l’on consomme deux ou trois boîtes par semaine, l’exposition au méthylmercure peut augmenter, surtout pour certaines populations vulnérables.

Combien de portions de poisson par semaine ?

Les recommandations officielles précisent que l’on peut consommer deux portions de poisson par semaine, dont au moins une de poisson gras, tout en variant les espèces et les provenances. Cependant, manger plus d’une portion de poissons prédateurs sauvages, comme le thon, peut faire dépasser la dose hebdomadaire tolérable de mercure. La portion de thon en conserve ou frais est donc considérée comme l’une des deux portions autorisées dans la semaine.

Concrètement, une grosse boîte de thon, qu’elle soit à l’huile ou nature, suffit pour respecter cette limite pour un adulte moyen. En général, cela représente entre 100 et 150 grammes. Certaines petites boîtes peuvent contenir moins de 80 grammes égouttés, d’autres jusqu’à 140 grammes. Si l’on consomme deux ou trois boîtes par semaine, ou si l’on ajoute d’autres poissons prédateurs comme la dorade ou le bar, le risque d’excéder les seuils toxicologiques augmente.

Pourquoi le mercure est-il un enjeu avec le thon ?

Le mercure provenant de l’activité humaine se transforme dans l’eau de mer en méthylmercure, une forme très toxique pour le système nerveux. Ce composé s’accumule dans les tissus des poissons, notamment ceux qui sont gros et prédateurs. Le thon, la dorade, le bar ou la lotte en concentrent souvent davantage, parfois avec la présence de PCB ou de dioxines.

Selon l’EFSA, l’Autorité européenne de sécurité des aliments, la dose hebdomadaire tolérable de méthylmercure est fixée à 1,3 microgrammes par kilogramme de poids corporel. Pour les thons, la réglementation autorise jusqu’à 1 milligramme de mercure par kilo de chair, contre 0,3 mg/kg pour des espèces plus petites comme la sardine ou le maquereau. L’Anses précise que la consommation régulière de thon place déjà la population française parmi les plus exposées en Europe.

Recommandations pour les femmes enceintes, les enfants et les gros consommateurs

Pour les femmes enceintes ou allaitantes, le thon doit être considéré comme un poisson à consommer occasionnellement. L’Anses recommande de limiter l’ensemble des poissons prédateurs, y compris le thon, à environ 150 grammes par semaine. Chez les jeunes enfants de moins de 3 ans, la limite est encore plus basse, autour de 60 grammes par semaine, afin de réduire les risques liés au mercure.

Pour les adultes qui consomment deux à trois boîtes de thon par semaine, surtout s’ils ajoutent d’autres poissons prédateurs comme le bar ou la dorade, l’exposition au mercure peut devenir problématique. Il est conseillé de réserver le thon comme seul poisson prédateur de la semaine. La deuxième portion devrait alors être composée d’espèces moins contaminées, comme la sardine, le maquereau, le hareng ou le colin. En cas de consommation régulière, il est recommandé de consulter un médecin ou une sage-femme pour ajuster ses habitudes.

Sources

  • Marmiton
    « Thon en boîte : le seuil critique à ne jamais dépasser selon l’Anses pour éviter le mercure »

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