Érythritol : Ce faux ami du sucre qui pourrait mettre votre cerveau en danger
Un édulcorant courant pourrait compromettre la barrière hémato-encéphalique
Longtemps considéré comme une alternative sûre au sucre, l’érythritol est un édulcorant sans calories que l’on retrouve dans de nombreux produits : sodas “zéro”, barres protéinées, desserts keto ou encore produits allégés en sucre. Classé comme sûr par les autorités sanitaires, il est souvent perçu comme une option “naturelle”, puisqu’il est aussi produit en petite quantité par notre organisme. Cependant, de nouvelles recherches remettent en question cette image rassurante.
Une étude menée par une équipe de l’Université du Colorado a exposé en laboratoire des cellules de la barrière hémato-encéphalique, cette “douane” qui protège le cerveau, à des concentrations d’érythritol similaires à celles mesurées après la consommation d’une boisson ou d’un dessert contenant cet édulcorant. Les résultats montrent que ces cellules deviennent plus fragiles, que leur capacité à réguler le flux sanguin est perturbée, et qu’il existe un risque théorique accru d’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique.
Où trouve-t-on l’érythritol ?
Dans le commerce, l’érythritol apparaît sous la mention “édulcorant” ou sous le code E968. On le retrouve dans diverses boissons énergétiques, glaces allégées, friandises “sans sucre ajouté” ou encore dans certains produits destinés aux régimes keto. Il apporte environ 80 % du goût sucré du saccharose pour très peu de calories, tout en ayant peu d’impact sur la glycémie.
Malgré son inscription comme substance sûre par des organismes comme l’Autorité européenne de sécurité des aliments ou la Food and Drug Administration (FDA), l’Organisation mondiale de la santé recommande la prudence quant à l’usage prolongé des édulcorants dans la gestion du poids. Pendant longtemps, l’érythritol a été considéré comme une molécule “naturelle” produite en petite quantité par notre corps.
Ce que révèlent les résultats du Colorado
La barrière hémato-encéphalique est une structure très sélective, composée de cellules serrées qui filtrent strictement ce qui passe du sang au cerveau. Lorsqu’elle est compromise, des toxines, des cellules immunitaires ou encore des caillots peuvent pénétrer dans le cerveau, causant des lésions ou des AVC par manque d’oxygène.
Dans l’expérience, des cellules endothéliales cérébrales humaines ont été exposées pendant trois heures à une dose d’érythritol équivalente à celle d’une boisson “zéro sucre”. Les chercheurs ont observé un stress oxydatif important, avec une production accrue de radicaux libres, une diminution des défenses antioxydantes, et une dysfonction ou la mort des cellules.
Un risque potentiel d’AVC encore mal quantifié
Au-delà de ces effets directs, l’érythritol perturbe aussi la régulation des vaisseaux sanguins. Il réduit la production d’oxyde nitrique, qui favorise leur dilatation, et augmente celle d’endothéline 1, qui les resserre. Il diminue également la libération d’une enzyme, l’activateur tissulaire du plasminogène, essentielle à la dissolution des caillots. Ce cocktail de perturbations favorise des vaisseaux plus contractés, moins capables d’éliminer un caillot, une configuration typique d’un AVC ischemique.
Ces résultats en laboratoire s’appuient aussi sur des études menées chez l’humain. Une cohorte de plus de 4 000 personnes suivies pendant environ trois ans a montré que celles ayant les taux sanguins d’érythritol les plus élevés avaient un risque deux fois plus important d’infarctus, d’AVC ou de décès d’origine cardiovasculaire. Des recherches génétiques récentes tendent également à confirmer cette tendance, même si la dose réellement problématique dans la vie quotidienne reste encore à préciser.



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