Maladie du foie gras : le danger invisible des aliments ultra-transformés

La stéatose hépatique non alcoolique, communément appelée maladie du foie gras, évolue souvent sans symptômes. Elle est parfois détectée par hasard lors d’un examen. La principale cause de cette maladie est la consommation d’aliments ultra-transformés, que l’on trouve fréquemment dans notre alimentation.

Selon le gastro-entérologue Giuseppe Morelli, spécialiste des maladies du foie à La Nouvelle-Orléans, il ne faut pas sous-estimer cette maladie, car ses conséquences peuvent être graves. Même si le dépôt de graisse dans le foie ne provoque pas de problème immédiat, il peut entraîner une réaction en chaîne dangereuse : inflammation, fibrose du foie, et augmentation du risque de maladies cardiaques. Les personnes atteintes d’un foie gras ont ainsi un risque accru de décès lié au cœur.

Le premier levier alimentaire pour inverser la stéatose

Le médecin hépatologue Sujit Janardhan insiste sur l’importance de l’alimentation pour lutter contre cette maladie. Il recommande principalement d’éviter les sucres simples et les glucides raffinés. Cela concerne notamment les boissons sucrées, les jus de fruits, les bonbons, ainsi que les aliments ultra-transformés comme les chips, biscuits, desserts emballés, et ceux à base de farine blanche, tels que le pain blanc, le riz blanc ou certaines pâtes.

Ces sucres rapides pénètrent rapidement dans le sang, provoquant des pics de glycémie et d’insuline. Sur le long terme, cela peut conduire à une résistance à l’insuline, favorisant l’accumulation de graisse viscérale, qui constitue une grande source de graisse pour le foie.

Les boissons riches en fructose sont particulièrement problématiques. Selon le spécialiste, elles sont rapidement absorbées par le foie, où elles stimulent la lipogenèse, c’est-à-dire la transformation du sucre en graisse. Cela entraîne une accumulation de graisse dans les hépatocytes et favorise l’inflammation. Une étude récente des Centres américains de contrôle et prévention des maladies indique que la majorité des calories consommées proviennent d’aliments ultra-transformés, accentuant ce cercle vicieux.

Quoi boire à la place pour protéger son foie

Remplacer les boissons sucrées est l’un des gestes les plus simples pour réduire la surcharge sur le foie. Les jus de fruits, même dits « 100 % pur jus », restent riches en sucre liquide, car ils ont perdu les fibres du fruit qui ralentissent l’absorption et procurent une sensation de satiété. Il est donc préférable de privilégier les fruits entiers et de réserver les jus pour des occasions ponctuelles, en petites quantités.

  • À limiter : sodas, thés glacés sucrés, boissons aux fruits, nectars, boissons énergétiques, jus industriels, eaux aromatisées sucrées.
  • À privilégier : eau plate ou pétillante, eaux aromatisées maison (avec citron, rondelles de fruits ou herbes), tisanes et thés non sucrés, cafés sans sucre.

Il est essentiel d’éviter l’ajout de sucre ou de sirops dans ses boissons. Par ailleurs, l’hépatologue recommande d’adopter un régime méditerranéen riche en légumes, fruits entiers, céréales complètes, légumineuses, poissons et huiles végétales. Associé à une activité physique régulière, comprenant du cardio et du renforcement musculaire, ce mode de vie favorise la santé métabolique et facilite le sevrage des boissons sucrées sur le long terme.

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