60 % des œufs en France contaminés par des polluants persistants découvrez la vérité
Contamination des œufs par des polluants persistants
Une étude récente révèle une forte présence de PFAS dans les œufs en France. Sur 91 œufs analysés, 52 sont contaminés, ce qui représente près de 60 %. Parmi eux, 23 dépassent les normes en vigueur en France.
Pour cette enquête, le réseau ICI (ex-France Bleu) et la cellule investigation de Radio France ont envoyé des œufs prélevés dans différentes régions françaises à un laboratoire agréé, Labocé. Ces œufs provenaient aussi bien de particuliers que de producteurs. Les échantillons ont été choisis dans des zones où la présence de PFAS avait déjà été détectée, mais aussi dans des endroits sans signe évident de contamination.
Les œufs de poules élevées en plein air ont été privilégiés, avec un focus sur leur alimentation, l’eau qu’elles boivent et la nature des sols sur lesquels elles évoluent. Selon l’étude, les œufs de particuliers seraient plus exposés à ces polluants. La région des Ardennes affiche le taux de contamination le plus élevé.
Des résultats préoccupants
Si la majorité des œufs de producteurs présentent peu ou pas de dépassements, quatre d’entre eux dépassent largement les normes. Le cas le plus alarmant concerne un couple de maraîchers à Haraucourt, dans les Ardennes, où les taux de PFAS sont près de 40 fois supérieurs à la limite autorisée.
Chez les particuliers, des dépassements ont été recensés dans plusieurs communes, notamment Poullan-sur-Mer, Chartres-de-Bretagne, La Roche-Neuville, Tourville-la-Rivière, Issy-les-Moulineaux, Malandry, Hochfelden, Le Tholy, Andornay, Athée, Arthon, Pierre-Bénite, Cessieu, Renage, Saint-Péray, Saint-Marcel-lès-Sauzet, Le Boulou, Martres-Tolosane et Artiguelouve.
Selon Louis Delon, directeur de l’Institut écocitoyen des territoires lyonnais, les poules de particuliers sont plus vulnérables aux pollutions environnementales. Elles grattent le sol, mangent des insectes ou des vers de terre qui peuvent eux-mêmes être contaminés.
Origine et contexte de l’enquête
Cette étude s’appuie sur des résultats précédents d’ICI et Radio France, publiés en 2024, qui montraient la présence de PFAS dans l’air, l’eau et les sols de plusieurs régions françaises.
Ces polluants sont souvent liés à la proximité de sites industriels chimiques, centres d’entraînement de pompiers utilisant des mousses anti-incendie, aéroports, décharges, incinérateurs ou stations d’épuration.
Les chercheurs se sont alors demandés si la contamination des sols ne se retrouvait pas dans la chaîne alimentaire, notamment dans les aliments produits sur ces terrains et dans les animaux qui y évoluent.
Les risques liés aux PFAS
Les PFAS, ou per- et polyfluoroalkylées, sont des substances chimiques aux effets délétères sur la santé. Leur exposition prolongée peut entraîner une hypertension, des lésions hépatiques, un affaiblissement du système immunitaire, des troubles thyroïdiens, ainsi que des risques accrus d’obésité, de problèmes de fertilité et de cancers.
En décembre 2023, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le PFOA comme cancérogène pour l’homme, et le PFOS comme substance « peut-être cancérogène » pour l’humain. Même le développement du fœtus peut être affecté par ces polluants.
On retrouve ces substances dans l’eau potable, certains poissons, des produits cultivés dans des zones contaminées, mais aussi dans des textiles, des articles de cuisine antiadhésifs, des cosmétiques, des produits ménagers et certains composants électroniques.



Laisser un commentaire