Rhumatismes : comment l’alimentation peut soulager la douleur

Les douleurs liées aux rhumatismes peuvent rendre la vie quotidienne difficile, que ce soit au réveil ou pour des gestes simples comme ouvrir un bocal. Dans une interview accordée le 21 octobre 2025 au quotidien régional Berliner Morgenpost, le rhumatologue allemand Dr Keihan Ahmadi‑Simab, fondateur du Medizinicum Hamburg, souligne que les médicaments ne suffisent pas toujours. Il rappelle que l’alimentation et le mode de vie ont aussi un impact sur l’inflammation.

Ce n’est pas une question de guérir ses articulations uniquement par l’alimentation, mais plutôt d’ajouter un levier pour réduire la raideur, le gonflement et la fatigue. La Société française de rhumatologie (SFR), dans ses recommandations du 18 février 2022, recommande notamment un régime méditerranéen riche en oméga-3 et associé à une réduction de la graisse abdominale. Il ne s’agit pas de promesses miracles, mais d’un potentiel pour atténuer la violence des poussées inflammatoires.

Rhumatismes inflammatoires : qui est concerné par l’alimentation ?

Le terme « rhumatismes » désigne plus de 100 affections différentes. Parmi celles-ci, on retrouve les rhumatismes inflammatoires chroniques tels que la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante (Morbus Bechterew) ou le lupus érythémateux systémique. Ces maladies touchent principalement le système musculo-squelettique, provoquant douleurs, gonflements et fatigue prolongée.

En Allemagne, on estime que jusqu’à trois millions de personnes peuvent être atteintes d’une maladie inflammatoire rhumatismale, selon la Deutsche Gesellschaft für Rheumatologie (DGRh). En revanche, l’arthrose et l’ostéoporose ne sont pas considérées comme inflammatoires : la première est principalement dégénérative, la seconde liée au métabolisme osseux. Même si une alimentation adaptée est bénéfique pour la santé globale et le poids, les recommandations spécifiques de la SFR s’adressent principalement aux formes inflammatoires comme la polyarthrite ou la spondylarthrite.

Aliments anti-inflammatoires rhumatismes : ce que valident les experts

Selon la Société française de rhumatologie (SFR), le traitement médicamenteux de fond reste la première étape. L’alimentation vient en complément pour moduler l’inflammation et réduire le risque cardiovasculaire. Une revue indépendante de la collaboration scientifique Cochrane montre que certains régimes, notamment le régime méditerranéen, ont des effets modestes mais significatifs sur la douleur et la fonction chez les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde.

Les spécialistes s’accordent sur un modèle alimentaire proche du régime méditerranéen, incluant régulièrement :

  • des poissons gras (saumon, maquereau, sardine, hareng), riches en oméga-3 EPA et DHA,
  • des huiles végétales de qualité (olive en priorité, colza), ainsi que des noix et graines,
  • des fruits et légumes en abondance, surtout colorés, riches en polyphénols,
  • des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots) et des céréales complètes.

Il est aussi conseillé de limiter la consommation de produits ultra-transformés, charcuteries grasses, fritures, pâtisseries et boissons très sucrées, qui favorisent la prise de poids et l’inflammation. La SFR ne recommande pas, en routine, les régimes sans gluten, sans lait ou le jeûne pour les patients atteints de rhumatismes inflammatoires, sauf indication spécifique comme la maladie cœliaque.

Graisse abdominale, poids et douleurs : ce que dit le médecin

Dr Keihan Ahmadi‑Simab insiste sur l’importance de surveiller la graisse au niveau du ventre, appelée « Bauchfett ». Ce tissu adipeux viscéral, très actif métaboliquement, est associé à une inflammation de bas grade. La perte de poids, notamment en cas de tour de taille élevé, est une recommandation clé dans la prise en charge des rhumatismes inflammatoires chroniques.

Pour cela, des ajustements simples peuvent suffire : remplacer le beurre par de l’huile d’olive, consommer du poisson gras deux fois par semaine, préférer les sardines en boîte plutôt que la charcuterie du soir, choisir des pains et pâtes complètes, et remplir la moitié de l’assiette avec des légumes. Toute modification importante doit être discutée avec un professionnel de santé pour s’assurer qu’elle est adaptée à chaque patient.

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