Le saumon est souvent présenté comme un aliment bénéfique pour la santé. Pourtant, selon Esther Dufaur, cofondatrice de l’ONG Seastemik, cette image cache des réalités moins favorables. Elle souligne qu’il existe une véritable désinformation autour du saumon.

Sur France Inter, elle explique que la perception du saumon comme un « super aliment » résulte d’une stratégie marketing habile, notamment en Norvège. Selon elle, « ils se sont dit, OK, qui consomme beaucoup de poissons ? Les Japonais, les sushis. Et puis après, ça a été une histoire de percer des marchés, percer des marchés, percer des marchés ».

La demande mondiale pour ce poisson a ainsi été artificiellement stimulée, faisant du saumon un produit incontournable dans les supermarchés, les plats de sushis ou encore dans la cuisine santé. Mais pourquoi faut-il se méfier du saumon ? La réponse tient notamment aux PCB, des substances toxiques présentes dans certains poissons.

« Il y a beaucoup plus de risques à manger du saumon que des bénéfices »

Malgré sa réputation d’aliment riche en oméga-3, le saumon élevé aujourd’hui comporte des risques. Esther Dufaur indique que « l’alimentation du saumon a été très végétalisée ». Ce changement dans sa nourriture a réduit la quantité d’oméga-3 qu’il contient réellement, tout en augmentant la présence de substances nocives comme les PCB ou d’autres contaminants.

Elle ajoute que « il y a vraiment moins d’oméga-3 et plus d’effets nocifs à manger du saumon, parce qu’il y a des résidus de PCB, d’épiphase, etc. ». Selon elle, cette situation expose les consommateurs à davantage de risques qu’à des bénéfices. La méconnaissance de ces dangers par le public laisse souvent les consommateurs dans l’ignorance des risques liés à une consommation régulière de saumon.

« Certains producteurs norvégiens hésitent encore à afficher un label d’aquaculture durable »

Par ailleurs, la popularité croissante du saumon a entraîné une augmentation de son élevage, parfois au détriment de l’environnement et de la qualité du produit. Bien que l’aquaculture soit souvent présentée comme une alternative à la pêche sauvage, elle soulève des questions éthiques et écologiques.

Esther Dufaur précise que « il y a encore des producteurs norvégiens qui hésitent à mettre un label d’aquaculture durable, parce que cela signifierait que c’est de l’élevage intensif ». Cela montre une certaine réticence à admettre la réalité de l’élevage industriel, souvent dissimulée derrière la promesse d’un saumon « sauvage ».

En résumé, malgré son image de produit sain et écologique, le saumon mérite que l’on s’interroge. Il est important que les consommateurs s’informent correctement et prennent en compte ces aspects lors de l’achat. Il convient de peser soigneusement les avantages et les risques potentiels liés à sa consommation.