Un aliment inattendu pourrait augmenter votre risque de cancer du poumon
Le cancer du poumon : au-delà du tabac, un aliment pourrait jouer un rôle
Le tabac est souvent considéré comme la principale cause du cancer du poumon. Cependant, une étude américaine publiée en mars 2025 suggère qu’un régime alimentaire de type occidental, riche en graisses et en fructose, pourrait également favoriser la progression des tumeurs pulmonaires.
En France, le cancer du poumon est le troisième cancer le plus fréquent. Il constitue également la première cause de décès par cancer chez l’homme, selon l’Institut National du Cancer (INCa). En 2023, on estime à 52 777 le nombre de nouveaux cas. La mortalité est en légère baisse chez les hommes, mais en forte hausse chez les femmes. La survie à cinq ans reste faible, autour de 20 %.
Une alimentation peu souvent étudiée dans le cas du poumon
Alors que l’impact de l’alimentation est bien connu pour certains cancers digestifs, celui sur le poumon a été peu exploré. «On n’a pas traditionnellement considéré le cancer du poumon comme une maladie liée à l’alimentation», explique Ramon Sun, professeur associé à l’Université de Floride. «C’est le cas pour des cancers comme ceux du pancréas ou du foie. Mais pour le poumon, cette idée est rarement évoquée».
Le rôle clé du glycogène dans la progression tumorale
Publié dans la revue Nature Metabolism, l’étude menée par l’Université de Floride, en collaboration avec le Markey Cancer Center de l’Université du Kentucky, s’est concentrée sur l’adénocarcinome pulmonaire, qui représente environ 40 % des diagnostics mondiaux.
Les chercheurs ont étudié le glycogène, une molécule qui stocke le glucose. À l’aide de modèles expérimentaux et de simulations informatiques, ils ont découvert que dans le cancer du poumon, le glycogène agit comme un «appât pour les cellules cancéreuses». Plus les cellules tumorales accumulent de glycogène, plus la tumeur se développe et devient agressive.
Chez des souris nourries avec un régime occidental riche en graisses et en fructose, la croissance des tumeurs pulmonaires a été favorisée. À l’inverse, en diminuant le taux de glycogène, la croissance tumorale a ralenti. À noter que le fructose, un sucre présent dans certains fruits, le miel, mais aussi dans des aliments et boissons sucrés sous forme d’additifs, est suspecté d’avoir plusieurs effets néfastes sur la santé.
Le glycogène, un indicateur de risque
Selon Ramon Sun, le glycogène pourrait même servir d’«indicateur fiable» pour mesurer la croissance des tumeurs pulmonaires et le risque de mortalité chez les patients atteints de cancer du poumon.
Une nouvelle voie pour la prévention et le traitement
Ces résultats ouvrent la possibilité d’explorer de nouvelles stratégies de prévention et de traitement. Trois médicaments ciblant les niveaux de glycogène existent déjà, initialement développés pour une maladie rare appelée Lafora.
«À long terme, notre approche de la prévention du cancer pourrait s’inspirer des campagnes anti-tabac, en renforçant la sensibilisation du public et en adoptant des politiques encourageant une alimentation plus saine, essentielle pour prévenir ces maladies», indique Ramon Sun dans un communiqué.



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